« A Bruxelles, il y encore cette dynamique et ambiance euphorique des chercheurs d’or » Stéphanie Sellier, fondatrice de French-Connect

"A Bruxelles, il y encore cette dynamique et ambiance euphorique des chercheurs d’or" Stéphanie Sellier, fondatrice de French-Connect
"A Bruxelles, il y encore cette dynamique et ambiance euphorique des chercheurs d’or" Stéphanie Sellier, fondatrice de French-Connect

Stéphanie Sellier est la fondatrice de www.French-Connect.com, un média web lifestyle et business positionné comme le trait d’union de référence entre Français et Belges. La Belgique car Stéphanie y vit depuis plusieurs années après avoir suivi son mari à Bruxelles.

French-Connect est également un réseau professionnel, accélérateur de business. Chaque mois, un évènement networking est organisé dans le but de tisser davantage de contacts entre les dirigeants français et belges, et de multiplier des opportunités de business. 500 deals ont été réalisés entre les membres depuis sa création. Le principe de French-Connect est d’être le 1er « réseau ouvert » lors de son arrivée en Belgique. Pas de cotisation à l’année, juste une participation financière à l’event. Le réseau compte 5 000 membres. Depuis juin 2015, ce média-réseau poursuit son développement et s’est ouvert à Lyon.

Stéphanie nous en dit plus sur son parcours :

stephanie sellier

Pourquoi Bruxelles ? Qu’est ce qui vous a attiré ?
C’est l’amour qui m’a amené à Bruxelles, j’ai rejoint mon fiancé, déjà installé à Bruxelles.

Quelle est votre activité ? D’où est venue l’idée ?
En arrivant à Bruxelles en 2009, je me suis rendu compte, malgré une communauté française importante, que les infos sur l’installation, la recherche d’un emploi ou la création d’entreprise n’étaient pas répertoriées online et que des subtilités locales étaient nécessaires à connaître pour bien y vivre. A l’étranger, La communauté française a tendance à se regrouper, et les expats français en Belgique n’échappaient pas à ce principe, malgré nos fortes similarités avec nos cousins belges. Il était nécessaire d’organiser le rapprochement entre nos communautés afin de faciliter l’emploi et les affaires.

Comment se sont passés vos débuts ? Aurait-ce été plus facile en France ?
Je ne connaissais personne en Belgique, je me suis donc renseignée partout. Je suis allée à la rencontre des belges car j’ai souhaité comprendre comment fonctionnait le pays. Je sais désormais que c’est un atout dans le lancement de nos activités. Aurait-ce été plus facile de commencer déjà dans le milieu « expats » ? Par le biais du Lycée Français ? C’est par ce 1er biais ou réseau que les connaissances se font. Mais ne pas avoir d’enfant, m’a obligé a trouver d’autres pistes. Nous avons reçu le soutien de la Chambre de Commerce française comprenant que nos approches étaient complémentaires, et pouvaient servir à l’amélioration de l’information et à l’accueil des français.
Cela m’a donné confiance dans le projet.

Ignorée par le Consulat et l’Ambassade jusqu’en 2014, j’ai redoublé d’énergie pour faire connaître le site sur le terrain et sur les réseaux sociaux. Et oui, nous sommes une société commerciale et non une association. Mon objectif était clair : rapprocher les belges et les français pour développer ensemble le business et l’emploi. Le 14 juillet 2010 French-Connect.com est né, il est à la fois un réseau professionnel et un média web lifestyle/business.

Pour animer le réseau des membres, j’ai organisé un premier event business, nous étions 10. Tout de suite, nous avons été reçus favorablement par les expats français et belges francophiles sensibles à la French-Touch. Nous avons installé l’idée de créer le premier réseau professionnel franco/belge, ouvert, accessible, innovant, nouveau, et ludique… Nous sommes désormais 5 000 membres.

Après 3 années d’activité, les membres avaient eu le temps de tester le site et de son approche différente de l’information, de venir aux events pourvoyeurs de nouveaux contacts, et de tester notre audience. J’ai commencé a recevoir des demandes pour de la publicité, Muriel est venue me rejoindre pour développer l’activité commerciale.

Mon objectif était clair : rapprocher les belges et les français pour développer ensemble le business et l’emploi

Qui a t-il de plus et de moins à Bruxelles par rapport à la France ?
La Belgique à la fraicheur d’une fleur au printemps, et ne demande qu’à éclore. Tout est possible car il y a encore de nombreuses activités, concepts, à développer sur le territoire ou à partir de ce pays.
Il y encore cette dynamique et ambiance euphorique des chercheurs d’or… Cependant, le poids de la fiscalité sociale pèse sur l’embauche. Les dirigeants hésitent à recruter… Le coût des charges des entrepreneurs individuels sont lourdes et peuvent freiner le lancement d’activités. Les compétences techniques web d’ingénierie et de développement sont en pénurie pour le lancement des sociétés web. Encore de nombreux postes restent vacants.

A Bruxelles, il y encore cette dynamique et ambiance euphorique des chercheurs d’or…

Que vous manque t-il de la France ?
Mono’p ! Le soleil du sud de la France !

Comment percevez-vous la France depuis Bruxelles ?
Quand on a lancé le réseau à Lyon en juin 2015, nous avons constaté cette morosité ambiante. Mais l’herbe n’est pas toujours plus verte ailleurs… La France a plein d’atouts, notamment les compétences acquises par des formations de qualité. Nos grandes écoles sont des tremplins extraordinaires. L’état d’esprit qui règne en France fait défaut aux français… il faut s’en défaire pour avancer et rester toujours dans l’action : en partant à l’étranger on peut s’en rendre compte.
Il y a des pays où la liberté d’entreprendre est déjà un combat de tous les jours, alors mesurons la chance que l’on a en France de pouvoir encore agir pour soi et pour les autres, alors foncez !

Il y a des pays où la liberté d’entreprendre est déjà un combat de tous les jours, alors mesurons la chance que l’on a en France de pouvoir encore agir pour soi et pour les autres, alors foncez !

Selon vous, la vague de l’entrepreneuriat en France a t-elle un avenir ou est-elle une mode ?
Après s’être trouvés dévalorisés et non soutenus par les français, les dirigeants français ont retrouvé le sourire et une image positive. La pub autour des startup tech a eu un effet d’appréciation, tant mieux ! Je crois fortement au développement des entreprises françaises, et encore plus depuis le lancement des plateformes de crowdfunding ou autre business angels. Les banques ne participant plus au développement économique du pays.

Quelle est l’ambiance « entrepreneuriale » à Bruxelles ?
En Belgique, la culture est plus anglo-saxone qu’en France, ce qui signifie que l’on parle facilement business et argent. Les dirigeants sont plus disponibles et vont droit au but. Les belges se moquent de nous avec nos déjeuners business à rallonge et qui aboutissent à un accord qu’en fin de repas. Ici, le business doit se décider le temps de manger un « pistolet » *

A Bruxelles, le business doit se décider le temps de manger un « pistolet »

Le réseautage est-il différent en Belgique ?
La Belgique fonctionne énormément en réseau, je retrouve d’ailleurs le même esprit à Lyon. La Belgique a encore des héritages anglo-saxons, des clubs à l’ancienne, nous sommes dans une royauté, il y a des codes… Quand on est expat, votre premier réseau ce sont les expats justement. Normalement tous les gens de même nationalité se regroupent car il y a une culture commune. Autour du lycée français notamment. C’est pour cela que nous avons lancé ce cercle franco-belge, pour que les uns rencontrent les autres… et que la richesse de la culture des uns et des autres fasse pousser des idées ou des business.