« Créer à 25 ans, c’est être très entreprenant et ambitieux, créer à 50 ans, c’est être très dynamique et novateur »

Créer à 25 ans, c’est être très entreprenant et ambitieux, créer à 50 ans, c’est être très dynamique et novateur
Créer à 25 ans, c’est être très entreprenant et ambitieux, créer à 50 ans, c’est être très dynamique et novateur

Le milieu des startups est dans l’imaginaire collectif un milieu de jeunes gens tout juste sortis de l’école de commerce. Pourtant le chef d’entreprise type français selon l’INSEE a 49 ans.

A 50 ans une nouvelle vie commence

Alors qu’à 50 ans, les enfants sont grands et poursuivent leur chemin, le crédit immobilier payé, le salaire plus confortable et les avantages plus intéressants, bon nombre de jeunes seniors font le choix de quitter leur confort pour se lancer dans la création d’une entreprise et entamer une nouvelle vie.

Très souvent, il ne s’agit pas d’entrepreneurs « nés » avec l’idée qu’un jour ils seraient patrons, mais plutôt un concours de circonstances, une étape de la vie, une renaissance, une envie de changement. Car aujourd’hui avoir 50 ans ne veut plus dire « attendre la retraite en profitant de ses dernières années de cadre », mais avec d’une part le recul de l’âge de la retraite et d’autre part l’augmentation de la durée de vie, 50 ans devient le milieu de vie. Le moment où tout est possible, où il n’y a plus aucune raison de ne pas vivre ses rêves. Chose qui était encore inenvisageable il y a 7/8 ans.

« Je n’ai pas « attendu », ça a correspondu à une période de ma vie où j’avais envie de faire autrement, de donner du sens à mon action professionnelle. J’avais également besoin de sortir d’une organisation un peu trop « bureaucratique » à mon goût. C’est passé par la création d’entreprise » explique Benoite Lavaux, fondatrice de Facilavi.

Benoite Lavaux

Benoite Lavaux

Des quinquas en quête de sens

Trouver du sens, à l’instar de la génération Y – leurs enfants- devient leur motivation. Très souvent leur poste de directeur marketing/commercial/financier ne correspond plus à leurs attentes et à celui ou celle qu’ils(elles) sont devenues en avançant dans l’âge.

« Une question s’est petit à petit immiscée dans ma tête: quel est le sens de tout ça ? Je n’ai pas (ou plus) su y répondre. Il m’a fallu 2 à 3 ans pour être prêt et j’ai finalement quitté cet univers » raconte Olivier Schonfeld, cofondateur avec son épouse de Bloolands. Olivier qui a eu pourtant un parcours très riche dans la finance pendant 24 ans « j’ai eu la chance, en tant que salarié, de travailler dans des structures avec une réelle culture d’entreprise. J’ai toujours eu de bonnes relations avec mes patrons. Par ailleurs, j’ai aimé travailler dans la Finance: c’est un domaine qui peut-être ludique (mais si !), j’y ai fait de nombreuses rencontres, j’ai beaucoup voyagé… ». Mais voilà… Quand les interrogations sont là, quand l’intuition de ne plus être à sa place, est plus forte que la raison, il n’y a plus qu’un pas à faire pour tout changer.

Olivier Schonfeld

Olivier Schonfeld

A 50 ans on mesure les risques

A 50 ans et une vie derrière soi jalonnée d’erreurs, de rebondissements et surtout d’expériences tirées de chaque épreuve, la prise de risque est plus mesurée. Le projet est peut-être moins fou qu’à 25 ans, mais aussi plus balisé et moins bancal. « A 50 ans, on a moins d’énergie, certes, mais beaucoup plus d’expérience. On gagne un temps fou. La probabilité de faire des erreurs stratégiques est beaucoup plus faible » indique Olivier.

Pour autant la gniak est belle et bien là « on a autant et peut être plus encore la gniak qu’un jeune, car on a encore moins le droit de se planter, autant pour son amour propre après une carrière bien remplie, que pour son avenir financier, qu’il ne faut pas sous-estimer » explique Yves Guillaume, fondateur de Altidrone Services. « Si on fait le choix d’entreprendre après 50 ans, c’est que l’on a pas envie de rester « plan-plan » dans son job et que l’on veut que ça bouge, que ça pétille, donc on a forcément la gniak« . Plus qu’à 25 ou 30 ans ? A voir… Mais pourquoi pas, à 50 ans, on pense aussi à son honneur personnel et à ceux qui n’ont pas eu le courage de se lancer, alors on le fait pour eux, mais aussi pour prouver à ceux qui ne croient pas au projet, qu’ils ont tort.

Yves Guillaume

Yves Guillaume

Le net est porteur d’initiatives

Internet a certainement révolutionné l’entrepreneuriat chez les jeunes, dont une part de plus en plus croissante souhaite créer sa startup plutôt que rejoindre un grand groupe à la fin de ses études, mais le net incite aussi les quinquas à quitter leur job pour se lancer à leur tour. Il y a même un côté ludique pour celles et ceux qui ont quitté les bancs de l’école il y a parfois 30 ans, à l’époque où l’ordinateur familial était un objet de luxe ou le plus souvent inutile. « Cet « apprentissage » du web m’a beaucoup intéressée. Internet permet aussi une accessibilité des connaissances à un maximum de personnes. C’est un monde passionnant » comme le dit Benoite qui s’est lancée dans la vente en ligne d’articles pour séniors.

Sans internet, ils ne l’auraient certainement jamais fait car avant, les opportunités étaient restreintes et seuls les fous osaient tout quitter pour lancer leur business. Aujourd’hui la création d’entreprise est à la portée de tous ou presque. Entre les CCI, les boutiques de gestion, les conférences, les events networking, les réseaux de business angels ou Linkedin, il est très facile de trouver tout ce dont on a besoin pour le juridique, le financement, les fournisseurs ou les futurs clients.

« En termes de marché, le web permet de toucher un public au moins au niveau national. On peut démarrer avec des moyens relativement petits » explique Benoite, qui ajoute tout de même qu’il faut des moyens financiers pour se développer.

Entrepreneur à 25 ans ou à 50 ans, ça change quoi ?

A 25 ou à 50 ans, les motivations ne sont pas les mêmes, mais surtout la sagesse et la maturité sont passées par là quoiqu’on en dise, même si l’adrénaline du nouveau challenge fait rajeunir de 10 ans !
« A 25 ans, on peut avoir une idée géniale et se lancer avec la fougue de la jeunesse sans avoir travaillé de « business plan ». Si on se plante, ce n’est pas grave, on aura tenté une belle aventure et notre parcours professionnel ne faisant que commencer, il y aura plein d’autres opportunités à saisir. A 50 ans, on est censé avoir un peu plus d’expérience et même si on a une idée géniale, on prend un risque un peu plus calculé en s’assurant de la viabilité de l’entreprise » résume Yves.

Pour autant la passion est tout aussi présente et l’envie de profiter à fond de son projet peut-être même plus importante « je crois qu’à 50 ans on veut autant se faire plaisir qu’à 25 ans, mais on sait que si le projet « capote » on n’aura peut-être pas de seconde chance et il faut assurer financièrement la fin de notre parcours professionnel ». Autant de conditions qui obligent quasiment à réussir, même si une assurance-vie, une maison ou des investissements sont souvent là pour assurer ses arrières au cas où. Et assurer au maximum un train de vie équivalent à celui de la période salariée, même si les restaurants étoilés et les voyages à l’autre bout du monde seront mis en stand by un temps. « Créer à 25 ans, c’est être très entreprenant et ambitieux, créer à 50 ans, c’est être très dynamique et novateur. Dans les deux cas, il faut aimer se remettre en cause et avoir une motivation débordante » conclut avec philosophie Yves Guillaume.

Trois conseils pour créer sa boite à 50 ans

« Avoir de la réserve pour pouvoir tenir financièrement, que ce soit pour alimenter sa boîte et pour soi-même pour pouvoir vivre en attendant que ça marche. Il faut être bien soutenu par son entourage. Il faut être conscient de ce qu’on risque de perdre et être prêt(e) à jouer le jeu » Benoite Lavaux

« Avoir une idée dans un secteur peu concurrentiel, n’attendre rien de personne, et bosser » Olivier Schonfeld

« Il faut avoir une idée et un projet qui soit bien mûri. Il faut avoir l’adhésion et le soutien de son conjoint. Il faut croire à 200% à son projet, sinon le retour en arrière sera très difficile. Mais le seul vrai conseil c’est « just do it ! » Yves Guillaume.