« La data est l’expérience shopping, l’expérience shopping est la data » Sylvain Gross CEO de Public-Idées

"La data est l'expérience shopping, l'expérience shopping est la data" Sylvain Gross CEO de Public-Idées
"La data est l'expérience shopping, l'expérience shopping est la data" Sylvain Gross CEO de Public-Idées

Public-Idées, spécialiste du Performance Marketing vient d’annoncer une levée de fonds de 400.000 euros auprès de Bpifrance (Banque Publique d’Investissement) pour un projet d’innovation lié à la « Data ».

Le projet de Public-Idées consiste à modéliser et reconnaître par des mesures quantitatives et qualitatives le parcours de l’internaute. L’objectif est de calculer l’impact de chaque site visité dans le tunnel de conversion, et de modéliser le profil de l’internaute pour ainsi proposer un ciblage publicitaire plus pertinent.

De manière générale, les données ont de plus en plus de valeur économique et de nouveaux modèles d’exploitation apparaissent. De ce fait, les opportunités pour les entreprises sont multiples.

L’occasion pour nous d’interroger Sylvain Gross, CEO de Public-Idées qui nous parle des 10 ans de l’entreprise, d’expérience shopping et de la data appliquée au marketing :

Sylvain Gross

Quelle est l’innovation de Public-Idées depuis ses débuts dont vous êtes le plus fier ?

Chez Public-Idées l’innovation peut prendre des formes très différentes : solutions, méthodes de développement, management, communication, etc.

L’innovation qui nous marque sans doute le plus est la suppression il y a quelques années des strates de management au sein de notre équipe technique. Elle symbolise que l’innovation n’est pas forcément « produit » et qu’elle peut prendre des formes très diverses. Nous en sommes d’autant plus fiers que c’est un succès humain qui se traduit par des résultats en termes de gains d’efficacité. Cela a été possible de par la taille de l’équipe, son métier et la personnalité de Fabien, notre CTO.

L’innovation qui nous marque sans doute le plus est la suppression il y a quelques années des strates de management au sein de notre équipe technique

Avec 10 ans de recul, avez-vous des regrets, des choses que vous auriez aimées faire sur Public-Idées et que dont avez raté le coche ?

10 ans c’est une étape qui n’est pas anodine et le moment de prendre du recul. J’aime à dire que ce n’est pas le doute qui rend fou mais la certitude. S’il faut se remettre en question et ne jamais rien considérer comme acquis, j’aime aussi parfois considérer les choses comme un tout, une unité indissociable. Et avec du recul… mes 10 dernières années professionnelles sont riches de millions de détails mais forment un ensemble. Et cet ensemble a fonctionné. C’est pour cela que je n’ai pas de regrets et que je regarde devant moi, même l’année de nos 10 ans.

Qu’est ce qui fait le secret de la longévité de l’entreprise dans un milieu qui bouge très rapidement ?

La réponse est différente après 6 mois, 1 an, 3, 5, 10 ans… Il faut être en phase avec les besoins du marché, innover, constituer une équipe, gérer la croissance, continuer à être en en phase avec les besoins du marché, innover à nouveau… au final s’il n’y avait qu’une chose à retenir… je dirais que la longévité passe par deux axes essentiels : le travail et la capacité d’assimiler de nouveaux sujets.

La longévité passe par deux axes essentiels : le travail et la capacité d’assimiler de nouveaux sujets

Selon vous comment va évoluer l’expérience client en ligne ces prochaines années ?

L’expérience client a beaucoup évoluée en à peine 2 ans. Les ecommerçants ont désormais à disposition de plus en plus de solutions permettant d’affiner leur merchandising et théoriquement d’offrir une expérience unique / individuelle à chacun de leurs clients. Toutefois, l’utilisation des nouvelles capacités technologiques pour les ecommerçants n’en est qu’à ses débuts. L’équipement en DMP est long, coûteux et ne concerne pour le moment que les players majeurs du secteur. L’avenir sera à une démocratisation des technologies et cela passera par l’innovation et la création de nouvelles start-ups qui feront bouger les choses.

L’utilisation des nouvelles capacités technologiques pour les ecommerçants n’en est qu’à ses débuts

Le mobile shopping & marketing c’est une réalité ? Prendra-t-il vraiment la place du PC dans les achats en ligne à terme ?

En 2015, oui le mobile est une réalité. Il est une réalité en Europe mais il est une évidence voir l’unique canal d’accès à Internet dans les pays en développement qui sont les nouveaux internautes. Prendra-t-il pour autant la place du PC dans les achats en ligne ? Ce qui est certain, c’est que mobile et tablettes prendront une part de marché de plus en plus importante voir majoritaire pour certaines typologies d’achats : ventes privées, achats récurrents, etc. Une stratégie multi-devices est nécessaire pour les Directions Marketing… mais cela va plus loin… nous sommes tous plongés dans le multi-canal, l’omnicanal… où le mobile est une des pièces maitresses des comportements.

Comment la data peut-elle trouver sa place dans l’expérience shopping ?

La data est l’expérience shopping, l’expérience shopping est la data. Je ne conçois plus une expérience shopping réussie sans l’usage de la donnée… du ciblage média à l’expérience off-line. Un exemple ? Je souhaite convertir les meilleures clientes de mes boutiques physiques au on-line ? Les données des cartes de fidélité sont désormais activables en média on-line. Avec des solutions d’Onboarding CRM et de l’activation média en temps réel, tout cela est désormais possible.

La data est l’expérience shopping, l’expérience shopping est la data

La personnalisation de la communication et le ciblage publicitaire ne risquent-ils pas d’empêcher les internautes de découvrir de nouveaux choix en restant sur « ce qu’ils connaissent » ? Ne vaut-il pas mieux leur laisser la liberté de choisir au hasard ?

Au contraire ! La personnalisation du message publicitaire ne vise pas qu’à proposer des produits déjà visités mais également à proposer des produits similaires, en affinité avec les comportements. Et c’est là où la publicité a un sens en permettant à l’internaute de sortir de son cadre de référence et de découvrir de nouveaux produits. Et si nous allions plus loin que l’ecommerce… ce concept est parfaitement applicable à d’autres sujets… imaginons par exemple que la littérature s’appuie sur les profils des internautes pour nous faire découvrir de nouveaux sujets ou auteurs en affinités…

A trop optimiser les parcours d’achat, le chemin de l’internaute sur les sites, celui-ci ne risque-t-il pas de se sentir tracké et perdre l’envie d’aller sur ces sites justement ?

Le respect de l’internaute est essentiel. Si l’internaute se sent tracké c’est que le pari de la personnalisation est perdu. Après que ça soit clair, je ne suis pas favorable à recréer un Truman Show sur Internet (IE – The Truman Show est un film ou Jim Carrey joue une télé-réalité à son insu et ou son monde n’est qu’une fiction). L’internaute n’est pas dupe. Tout est question de limite… et le métier ne doit pas franchir la ligne jaune… c’est-à-dire briser la vie privée de l’utilisateur. L’Europe s’est dotée d’une législation en la matière particulièrement stricte. Jusqu’à présent tout se passe bien, les entreprises développent leur business dans le respect de la législation et l’internaute bénéficie des nouvelles technologies pour améliorer de son expérience d‘achat. Je suis persuadé que ce ne sont pas les lois qui vont fixer les limites mais la pertinence des usages. Nous aurons une autorégulation naturelle et au final une utilisation des données « native », ce qui permettra une utilisation naturelle, positive, sans outrance ni perte de confiance.

Ce ne sont pas les lois qui vont fixer les limites mais la pertinence des usages