Les entrepreneurs ne sont pas tous des chefs d’entreprises

Les entrepreneurs ne sont pas tous des chefs d’entreprises
Les entrepreneurs ne sont pas tous des chefs d’entreprises

Une étude de l’INSEE réalisée sur l’année 2012, révèle que la France compte 2,1 millions de TPE qui emploient 19% des salariés à travers le pays, soit 2,3 millions de salariés. Les 55 % de TPE sans salarié génèrent de faibles chiffres d’affaires. Les TPE sont principalement dans le commerce, la construction et les services aux entreprises. La majorité d’entre elles ont opté pour le statut juridique de société à responsabilité limitée.

Les TPE contribuent pour 9% du PIB national

Parmi les 3,3 millions entreprises légales que compte la France hors agriculture et services financiers, ni statut autoentrepreneur ou régime fiscal de micro-entreprise, 2 148 900 entités, soit les deux tiers, sont des Très Petites Entreprises (TPE). Elles emploient moins de 10 salariés, et ont un chiffre d’affaires inférieur à 2 millions d’euros.

Les TPE emploient 2,3 millions de salariés en équivalent temps plein (ETP), soit 19 % des effectifs du champ principalement marchand non agricole et non financier.

Elles réalisent 477 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 168 milliards d’euros de valeur ajoutée, soit respectivement 13 % et 17 % du champ. Par leur valeur ajoutée, elles contribuent pour 9 % au produit intérieur brut national.

Plus de la moitié des TPE n’emploie pas de salarié

En 2012, 55 % des TPE n’ont pas de salarié et 18 % n’en emploient qu’un. Parmi les 1,2 millions de TPE non employeuses, une sur deux réalise moins de 41 400 euros de chiffre d’affaires et une sur quatre, moins de 17 400 euros.

Les TPE sont quasi inexistantes au niveau des exports : elles représentent moins de 3 % des exports du champ principalement marchand non agricole et non financier. Leur poids dans l’investissement est modeste (17 %). En 2012, comme en 2011, plus de la moitié des TPE (55 %) n’a pas réalisé d’investissement.

La majorité des TPE (54 %) a le statut de société à responsabilité limitée. Un quart des TPE a un statut d’artisan ou de commerçant, 6 % un statut de profession libérale et 5 % un statut d’autre personne physique.

Plus d’une TPE sur cinq est dans le commerce

De manière générale, les TPE sont tournées vers l’économie locale. Elles œuvrent notamment dans le commerce (22 % des TPE), les services aux entreprises (20 %) et la construction (17 %). Toutefois, 150 000 unités exercent dans l’industrie : fabrication de produits de boulangerie-pâtisserie et de pâtes alimentaires (35 000 unités), la production, le transport et la distribution d’électricité (14 600), l’imprimerie (10 000), la réparation d’ouvrages en métaux, de machines et d’équipements (9 800).

Parmi les TPE non employeuses, une sur deux dégage une valeur ajoutée inférieure à 16 000 euros ; ce sont ainsi 600 000 entreprises qui n’ont pas la possibilité de financer l’équivalent d’un SMIC annuel à temps plein charges patronales comprises (près de 20 000 euros).

Comme le plus souvent l’entrepreneur ne se verse pas de salaire, ou se rémunère en partie sur le résultat de l’entreprise.

La valeur ajoutée moyenne par salarié est plus élevée dans les TPE avec un seul salarié que dans les autres TPE employeuses.

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Au vu de ces résultats, il semble que la plupart des entreprises en France n’embauche pas, non pas à cause des charges sociales élevées mais en raison d’un CA trop faible… Idem pour les investissements et les exportations. La France souffre de la petite taille de ses entreprises expliquant le maintien durable d’un taux de chômage élevé, de faibles investissements et exportations, et une diminution de la compétitivité économique de l’Hexagone en Europe et dans le Monde.

La bonne nouvelle c’est que l’État n’est pas seul responsable avec ses charges sociales trop élevées et son droit du travail pénalisant pour les entreprises qui veulent passer un cap. Les entrepreneurs doivent voir plus grand quand ils créent leur boite : embaucher, investir et exporter devraient être le moteur de toute entreprise… En dehors de ces motivations, on ne peut pas parler de chefs d’entreprises, mais de travailleurs indépendants. Les entrepreneurs ne sont pas tous des chefs d’entreprises. Ne pas confondre « j’ai créé mon emploi » & « j’ai créé mon entreprise »… Ces deux notions ne répondent pas aux mêmes aspirations initiales de l’entrepreneur, mais bien que différentes, elles n’en sont pas moins tout aussi louables bien évidemment. L’important étant de faire bouger les lignes à son niveau !

Rappel : la France compte 243 grandes entreprises qui emploient à elles seules 30 % des salariés, 5 000 entreprises de taille intermédiaire (ETI), 138 000 petites et moyennes entreprises (PME) hors microentreprises, et 3,3 millions de microentreprises hors statut auto-entrepreneur et régime fiscal microentreprise.

1 Comment

  • Bonsoir, entièrement d’accord avec vous. À ceci près qu’il me semble pertinent d’y ajouter les entrepreneurs du monde associatifs (les fondateurs qui ne sont pas salariés mais présidé ts, trésoriers, …) comme les salariés qui développent (et non gèrent !) des projets internes à leur organisation. Cette valeur ajoutée, financière comme non financière, est très importante également et rentre dans la paradigme entrepreneurial.

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