It’s a beautiful day, Don’t let it get away

It's a beautiful day, Don't let it get away
It's a beautiful day, Don't let it get away

Difficile de parler entrepreneuriat 10 jours après les évènements tragiques qui ont secoué Paris et plongé tous les Français dans la torpeur, le choc, la psychose, la révolte, au choix selon ses émotions… A lire de nombreux blogs, posts et tribunes sur le net, tout le monde, pas seulement les parisiens, est dans un état second ou une autre dimension et aimerait se réveiller en se disant que tout ceci n’est qu’un cauchemar et n’a jamais eu lieu. Malheureusement si, et ce n’est pas fini, quand on voit le Mali, la Belgique ou les mises en garde des pouvoirs publics. Et pourtant, la plupart d’entre nous n’a pas été touchée de prêt par ces attentats. Nous n’étions pas au Bataclan, ni en terrasse ce soir là, on a juste « failli » y être parce qu’on a trouvé personne pour aller boire un verre ou manger un morceau ce vendredi, ou parce que la soirée où on était invité ne tenait pas ses promesses et qu’on est reparti plus tôt, et tout simplement parce que ce n’était pas « notre heure » et que nous sommes encore là. Alors on culpabilise d’être sous le choc, de ne pas travailler, de se donner un alibi pour ne rien faire, d’annuler ses rendez-vous, parce qu’on n’y était pas et qu’on n’a rien vu d’horrible de nos propres yeux.

Mais on se dit aussi que c’est normal, ça aurait pu être nous (c’est égoïste, mais c’est comme ça que l’être humain est fait), ou nos proches, et puis les concerts, les bars, on y va tout le temps, c’est notre vie et ces attaques ont porté atteinte à notre exception culturelle française, celle qu’on oublie souvent, mais dont on se souvient quand on part à l’étranger ou qu’il nous arrive un évènement tragique.

Alors on se dit que la vie est courte, qu’il faut en profiter, on le sait, mais en temps ordinaire on ne le fait pas, ou si peu. On voit souvent ce qui ne va pas en France ou dans notre vie, on se dit que ce serait tellement mieux si on avait ceci ou cela, si les charges sociales étaient moins élevées, si on changeait de job, si on était riche ou populaire, si on déménageait, etc… Et pourtant courir après tout cela représente si peu aujourd’hui face à tant d’horreur. Dans un élan épicurien, depuis quelques jours, nous sommes tous prêts à vivre l’instant présent, à continuer à faire comme avant mais à en prendre conscience, à ne pas commencer à être heureux seulement lorsqu’on aura atteint ses objectifs, mais tout de suite et maintenant. Dans les plaisirs simples, ceux qu’ils aimeraient voir disparaitre, qui représentent finalement tellement pour eux et si peu pour nous qui les vivons chaque jour sans les apprécier à leur juste valeur.

On va continuer à vivre normalement, c’est sûr, on retournera voir des spectacles, à boire des verres en terrasse, à faire nos courses de noël, à passer des moments entre amis, à écouter de la musique, etc… Mais on appréciera le moment, vraiment. Et pas demain, ou plus tard quand on aura tout ce qu’on souhaite avoir dans la vie. On va vivre notre vie et ne pas la subir, tous ces petits bonheurs qu’on ne voit plus, on les regardera d’un oeil neuf, parce que ça aurait pu être nous ce 13 novembre à 21h20, on va être entrepreneur de notre vie tout simplement, à tous les niveaux et pas seulement dans notre boite.