« Quand les portes des enseignes de distribution s’ouvrent il faut être prêt à assurer comme les grands groupes » Maud Brochot, fondatrice de Cutie Pie

"Quand les portes des enseignes de distribution s’ouvrent il faut être prêt à assurer comme les grands groupes" Maud Brochot, fondatrice de Cutie Pie
"Quand les portes des enseignes de distribution s’ouvrent il faut être prêt à assurer comme les grands groupes" Maud Brochot, fondatrice de Cutie Pie

Le secteur agroalimentaire est un domaine particulier où beaucoup se lancent mais peu réussissent, car il est très compliqué de s’imposer sur un domaine ultra-concurrentiel. C’est le défi que Maud Brochot a relevé en créant Cutie Pie, des kits culinaires pour enfants. La start-up bourguignonne a reçu le deuxième prix de l’innovation PME Carrefour en 2014 et est lauréat du Concours PME Innovation d’Auchan en 2015. Deux distinctions qui lui ont ouvert les portes de la grande distribution puisque la marque est est désormais référencée au niveau national
dans les hypermarchés Auchan et Cora ainsi que certains Super et Hyper U.

Maud nous en dit plus :

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D’où est née l’idée de Cutie Pie ?

L’idée est venue d’un constat personnel. Maman de deux filles, cadre très active, je n’avais pas beaucoup de temps pour faire des activités manuelles avec mes enfants. Naturellement, nous avons commencé à faire des gâteaux. Nous avons fait des gâteaux de plus en plus sophistiqués. J’étais plus attentive au côté gustatif et mes filles adoraient s’occuper de la décoration. Mais je devais trouver de nouvelles recettes, de nouvelles idées et le résultat n’était pas toujours concluant. Et trouver les ingrédients, les décors me prenait beaucoup de temps. L’idée de faire développer des solutions de pratiques, ludiques et gourmandes était née. Ayant un parcours dans le développement de produits de marque distributeur, ayant travaillé plusieurs années pour le groupe Casino (Participation au lancement de la gamme Casino Bio en autre), j’ai décidé de créer la 1ere gamme de kits pour réaliser des sablés à décorer. Les produits sont conditionnés par un atelier de personnes handicapées situé à Dijon. Une fois les produits disponibles, nous avons trouvé des supermarchés qui nous ont soutenus et qui ont mis en avant les produits. Petit à petit nos produits reçoivent un excellent accueil de la part des enseignes de distribution.

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Qui êtes-­vous ? Que faisiez-­vous avant ?

Je suis une maman de 42 ans diplômée d’une école de commerce et d’un MBA aux USA. Je suis née dans une famille d’entrepreneurs (mon grand-­père fabriquait des caravanes). Je suis professeur de marketing à L’École Supérieure de Commerce de Dijon et consultante en achats depuis 2009. Auparavant j’ai travaillé près de 10 ans pour le Groupe Casino au sein de la centrale d’achats, comme acheteur de produits à marque de distributeur puis somme coordinatrice des achats européens et responsable de projets achats et supply chain.

Comment lance-­t-on un tel projet sur un secteur soumis à des normes, des règlementations, de la R&D ?

Tous les univers comportent leurs volets de normes et de réglementations, mais il est vrai que l’univers agro‐alimentaire est complexe. J’ai toujours aimé cet univers de l’agro‐alimentaire, j’aime les produits et j’aime créer des produits. Le développement des produits m’a pris beaucoup de temps. Et lorsque j’avais des doutes, je n’ai pas hésité à demander des conseils à poser des questions à des experts qui pour la plupart m’ont répondu gracieusement. Le soutien aux startups est une belle démarche que beaucoup d’entreprises mettent en place. Je bénéficie d’ailleurs de mécénat de compétence dans le cadre du programme Alizée, je suis accompagnée par des salariés du groupe SEB et de la SNCF. Et aujourd’hui je commence à partager mon expérience avec d’autres startups du secteur agro‐alimentaire. Je ne manque pas de partager avec d’autres startups dans le même domaine.

Le soutien aux startups est une belle démarche que beaucoup d’entreprises mettent en place

Comment l’avez‐vous financé ? Où en êtes-vous de votre développement ?

J’ai financé la création de Cutie Pie grâce à un prêt d’honneur et un prêt bancaire. Aujourd’hui nous sommes en cours de levée de fonds pour accélérer le développement, lancer de nouveaux produits et développer notre force de vente.

Que vous a apporté le concours PME Innovation Auchan ?

Auchan s’est engagé à référencer nos produits dans tous ces hypermarchés pendant un an et nous avons une opération promotionnelle nationale sur prospectus prévu en février 2016.

Quelle est votre stratégie marketing pour vous faire connaitre ?

Nous devons déjà nous faire connaitre des enseignes afin que nos produits soient distribués dans un nombre de points de vente suffisants pour mettre en place des actions de communications d’envergure. En attendant, nous voulons être proches de nos clients. Nous faisons découvrir nos produits à travers des ateliers en magasins, dans les galeries marchandes ou lors de salons. Cela nous permet aussi d’avoir un retour direct et de mieux connaitre les attentes des enfants et de leurs parents.

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Comment s’impose‐t‐on sur un secteur aussi concurrentiel qu’est le food en France ?

Il faut être innovant, avoir un excellent produit et travailler le marketing de l’offre, le packaging, le merchandising, la promotion des ventes…

Comment sont accueillis vos kits lors des démonstrations en supermarchés ?

Les enfants sont séduits et les parents aussi. Nous avons développé les produits grâce à de nombreuses observations, de nombreuses études sur différents aspects. Nos produits sont pensés pour les enfants et nous sommes ravis de voir les sourires sur les visages quand les enfants ont réalisé de magnifiques gâteaux. Un jour une petite fille m’a dit « c’est toi qui a créé ça ? Je lui ai dit que oui et elle est m’a répondu « et bien tu es une fée » j’étais tellement touchée… On a la chance de travailler dans un univers pleins de douceur et de bons moments.

On a la chance de travailler dans un univers pleins de douceur et de bons moments

Combien êtes‐vous dans l’entreprise, êtes‐vous rentable aujourd’hui ?

Nous sommes une toute petite équipe mais nous sommes en train de recruter et nous devrions être
6. Nous sommes encore en phase de développement, nous devons encore beaucoup dans le développement de produits et la communication. Nous serons rentable d’ici 1 an.

Quels sont les projets en développement ?

Nous avons de nombreux projets de développement, puisque nous devrions avoir une gamme de plus de 15 produits fin 2016. Nous allons lancer un kit avec un emporte­‐pièce imprimable en 3D, les enfants pourront faire un dessin et recréer leur dessin en gâteaux. Nous allons aussi bientôt commencer à distribuer nos produits dans d’autres pays d’Europe.

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Vous êtes basés à Dijon, quel est le dynamisme entrepreneurial de la ville et de la région ?

Sur Dijon et généralement en Bourgogne, nous avons eu la chance de rencontrer de nombreux créateurs et de nombreux entrepreneurs dans beaucoup de secteurs d’activité, mais peu dans notre domaine de l’agro­‐alimentaire. Nous échangeons plus avec des startup food situées dans toute la France.

Un conseil pour un entrepreneur qui voudrait se lancer dans le food en France aujourd’hui ?

Aujourd’hui les attentes des consommateurs changent et ils sont de plus en plus ouverts à de nouveaux produits, les enseignes de distribution l’ont bien compris et ouvrent leurs portes aux startups. Mais quand les portes s’ouvrent il faut être prêt à assurer comme les grands groupes.

Quand les portes des enseignes de distribution s’ouvrent il faut être prêt à assurer comme les grands groupes