« L’écosystème startup féminin en Côte d’Ivoire est très prometteur » Manuela Kouadio, directrice du projet WoMoz en Côte d’Ivoire

"L’écosystème startup féminin en Côte d’Ivoire est très prometteur" Manuela Kouadio, directrice du projet WoMoz en Côte d'Ivoire
"L’écosystème startup féminin en Côte d’Ivoire est très prometteur" Manuela Kouadio, directrice du projet WoMoz en Côte d'Ivoire

La Côte d’Ivoire est l’un des pays d’Afrique où internet est un énorme moteur de développement pour le pays grâce à l’appropriation par la population de toutes les fonctionnalités offertes notamment par l’open source. Les femmes se sont elles aussi emparées du mouvement et font entendre leur voix à travers la communauté tech. Elles sont en cela aidées par de belles initiatives, comme Womoz, un projet « Women & Mozilla » initié par Mozilla pour favoriser l’accès des femmes dans le monde du logiciel libre et de l’open source. Manuela Kouadio, directrice du projet WoMoz en Côte d’Ivoire, est l’une de ces femmes à faire bouger le pays et inciter les jeunes filles à entreprendre des études d’informatique et créer leur startup.

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Qui êtes-vous ? Que faites-vous ?

Je suis Manuela Kouadio à l’État civil Kouadio M’man Ange Manuela, je suis en 3ème année Ingénieur en fin de cycle option 3D, infographiste et développeuse. J’essaie de piloter depuis mars 2015 une entreprise que j’ai créée.

Quel est votre parcours qui vous a mené à rejoindre WoMoz ?

En 2010, lorsque j’étais en première année de BTS Informatique, j’ai fait la rencontre d’un étudiant de ma classe, Bacely Yorobi. A cette époque, Bacely était très avancé dans tout ce qui relevait des TIC, contrairement à moi qui ne m’y intéressais pas à ce moment là. Au mois de Mai 2012, j’assistais pour la première fois au salon des Journées Nationale des Technologies de l’information et des Télécommunications (JNTIC) qui m’a permis de faire la connaissance de certains acteurs du numérique en Côte d’ivoire. Parmi eux, se tenait un ancien étudiant de ma classe : c’était Bacely Yorobi, alors CEO de SocialSpot et Yogdesign. Séduite par ce mouvement qui prenait de l’ampleur, j’ai porté à la connaissance de Bacely, mon intérêt de vouloir en faire partie. Nous avons discuté un bon moment et un mois plus tard, il m’a informé de son projet de vouloir créer une communauté Mozilla en Côte d’ivoire. Vu que j’étais la seule femme du groupe, il m’a suggéré de développer mes contributions autour du programme WoMoz. Après plusieurs recherches sur le net, je suis entrée en contact avec Delphine Lébedel (fondatrice du projet « Women & Mozilla » ndlr), sur IRC Mozilla. Delphine m’a mise en contact avec Flore Allemandou qui venait d’être nommée responsable du projet WoMoz. Flore m’a toute suite intégrée et c’est ainsi que j’ai rejoint le WoMoz.

Quel est le rôle et l’objectif de WoMoz ?

Le projet WoMoz qui provient de la contraction de Women et Mozilla (Wo pour women et Moz pour Mozilla) partage la mission qui anime la fondation Mozilla. Le WoMoz a pour but de faire la promotion des femmes dans le domaine des TIC et accroître le nombre de contributrices sur les projets « open source » en général et à Mozilla en particulier.

WoMoz a pour but de faire la promotion des femmes dans le domaine des TIC et accroître le nombre de contributrices sur les projets « open source »

Quelle est votre implication dans le numérique en Côte d’Ivoire ?

Je suis directrice de projet WoMoz en Côte d’Ivoire (bénévole) et Mozilla Représentative & mentor (bénévole). A travers ces projets, je soutiens des sous-communautés de bénévoles en Côte d’Ivoire. Aussi, j’organise des évènements pour le compte de la fondation Mozilla comme recruter de nouveaux et nouvelles bénévoles, qui contribueront sur les différents projets open source de Mozilla. Je me suis aussi engagée à former et soutenir des idées de startup féminines en Côte d’Ivoire.

Où en est l’écosystème startup féminin en Côte d’Ivoire actuellement ?

L’écosystème startup féminin en Côte d’Ivoire est encore vierge et très prometteur car il reste encore beaucoup de potentiel à exploiter. C’est le moment pour les femmes ivoiriennes d’apporter leur touche d’innovation et d’être sous les tropiques.

Quels sont les sujets qui préoccupent les femmes du numérique ivoiriennes ?

Les sujets à caractère féminin tel que la mode, la beauté, l’art, la culture, le marketing, l’entrepreneuriat, le leadership et maintenant le football avec sportif225 de Fleur N’doua.

L’écosystème startup féminin en Côte d’Ivoire est encore vierge et très prometteur car il reste encore beaucoup de potentiel à exploiter

Quelles sont les actions mises en place pour les inciter à faire des études dans le numérique ? A créer leur startup ?

L’État de Côte d’Ivoire, en collaboration avec des pouvoirs publics et des organisations, s’engage dans le secteur des TIC, afin de réduire le fossé numérique entre les hommes et les femmes. En effet, l’État Ivoirien, soucieux de créer un environnement favorable à l’autonomisation des jeunes filles et les inciter à envisager une carrière dans le secteur des TIC qui est en plein essor, s’est investi dans plusieurs journées portes ouvertes telles que :

  • le salon des Journées Nationales des Technologies de l’Information et de la Communication (JNTIC) est une Plate-forme d’échanges et de rencontres autour des problématiques Télécoms/TIC, et plus largement, de l’Économie Numérique
  • l’African Web festival le 24 Novembre 2014, le rendez-vous annuel de l’Afrique connecté avec la présence de 5 de nos ministres de tutelle. A cet effet, la deuxième édition de l’African web festival s’est tenu du 3 au 5 décembre 2015.
  • dans la même mouvance, la Côte d’Ivoire a célébré le 26 avril, les journées mondiales des jeunes filles dans le secteur des TIC, célébration qui vise à inciter les jeunes filles à s’intéresser au secteur des TIC
  • au niveau des organisations engagées dans le secteur des TIC, « Femmes et TIC » dont l’objectif recherché est de promouvoir l’usage des TIC auprès des femmes, de leur dispenser des connaissances et de renforcer leurs capacités
  • “Amazoon du web”, une communauté de femmes passionnées des TIC, qui aident beaucoup de jeunes filles et femmes à lancer des micro-projets dans le domaine du e-business et qui organise des conférences et sessions de formation informatique pour les jeunes filles issues des écoles professionnelles

Pouvez-vous nous donner quelques exemples de belles réussites ivoiriennes dans le domaine ?

Je dirais Mireille Houndji, ingénieure en conception de systèmes d’information, consultante en gouvernance de l’internet et point focal pour la Côte d’Ivoire au niveau du Forum Ouest Africain sur la Gouvernance de l’internet. Et aussi Edith Brou, Top 50 des personnalités qui font la Côte d’ivoire, Digital Manager à People Input, une agence digitale africaine.

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Quels sont les secteurs d’avenir pour créer sa startup en Côte d’Ivoire actuellement ?

Je pense que tous les secteurs sont profitables pour créer sa startup, tout dépend de l’innovation que l’on souhaite apporter. Le souci de vouloir répondre à un besoin réel ou encore savoir créer le besoin.

Quels sont vos projets prochainement ?

Mon objectif est de former sur l’année 2016, 10% des d’étudiants et étudiantes de Côte d’ivoire à contribuer sur les projets open source de Mozilla, me stabiliser au plan familial et professionnellement, ainsi que former et soutenir des idées de start-up féminine en Côte d’Ivoire.