Y a t’il des phénomènes de mode dans l’entrepreneuriat ?

Y a t'il des phénomènes de mode dans l'entrepreneuriat ?
Y a t'il des phénomènes de mode dans l'entrepreneuriat ?

Il y a quelques années, alors que l’entrepreneuriat n’était pas tendance, le statut d’autoentrepreneur a été mis en place par le gouvernement afin de permettre à toutes celles et ceux qui rêvaient de se lancer à leur compte, de le faire sans prendre trop de risques. On était en 2009, le haut débit venait de se déployer en France, Amazon, Facebook, et des plateformes ecommerce naissaient ou prenaient leur envol. Le début d’un phénomène entrepreneurial de grande ampleur, à tel point qu’aujourd’hui, la plupart des étudiants souhaitent créer leur startup plutôt que devenir consultant.

A l’époque c’était le ecommerce qui avait le vent en poupe, il faut dire qu’on partait de loin, avec seulement quelques dizaines de milliers de sites, une offre très pauvre, des moyens de livraison limités, le paiement en ligne qui n’inspirait pas confiance, Google qu’on pouvait encore maitriser, les boutiques Facebook auxquels tout le monde croyait (surtout les agences marketing web…), les blogs d’entrepreneurs où chacun racontait la vie de son site de l’intérieur, etc… Tout le monde rêvait de faire fortune en vendant… quasiment tous la même chose : couches lavables, épicerie fine, vêtements pour enfants, bijoux fantaisie. Des business très féminins, qui permettaient à de nombreuses nouvelles mamans de remettre un pied dans le monde du travail tout en s’occupant de leurs enfants.

Sauf que voilà, la poule aux œufs d’or n’existait pas et 2/3 ans plus tard, la plupart avait repris un job salarié faute d’avoir pu se verser un véritable salaire. La mode du ecommerce est ensuite passée, remplacée par l’activité en vogue actuellement : le coaching. L’accompagnement vers une vie meilleure. Une tendance née de la crise , conomique devenue sociétale avec le temps et une forte envie d’autre chose, de remise en question et de bouleversements pour bon nombre de nos concitoyens. Il y avait donc un business à créer : coach de vie, coach d’entrepreneurs, coach bien-être, coach marketing & communication, etc… Tout existe. Il suffit de s’y connaitre un peu, ou de faire croire que, d’être hyper doué pour attirer des clients et le tour est joué. Il semble que tous en vivent confortablement. Comme les ecommerçants en 2009 :)

Actuellement il semble que l’entrepreneuriat évolue vers le freelancing plus que vers l’entreprise. A croire que chacun a maintenant envie de travailler seul, sans chef ni employés, sans contraintes, ou celles qu’il s’est choisies, sans bureau, sans client durable, dans la liberté la plus totale, quitte à ne se verser que 800€ par mois et ne posséder ni appartement, ni voiture, ni rien ou presque, si ce n’est son ordinateur et son smartphone. Une caricature qui fait couler beaucoup d’encre dans les médias qui cherchent à comprendre ce qui se passe dans la tête des gens, alors qu’il n’y a certainement rien à comprendre. Il s’agit juste d’une mode, portée pas l’évolution de la société, comme il y a eu la vague des boutiques de téléphonie mobile, les cigarettes électroniques, les applications mobiles, les réseaux sociaux, les wedding planers ou les concept stores et coffee-coworking. Chacun tente de prendre la vague, avec le rêve de devenir quelqu’un, de gagner plein d’argent, d’être libre ou d’avoir sa part du gâteau, jusqu’à la prochaine Nouvelle Lune qui changera la donne. Certes les bouleversements sociétaux y sont pour quelque chose, mais il est fort à parier que d’ici 3 ou 4 ans une autre mode séduira les apprentis entrepreneurs quelque soit l’idée de business.

Parfois entreprendre c’est simplement humer l’air du temps et lancer son business sur l’idée du moment, puis l’abandonner quand le vent tourne et passer à autre chose, quitte à changer tous les 2 ans si le rythme s’accélère, comme en ce moment. Être entrepreneur c’est avancer avec son époque, avoir une longueur d’avance et garder un œil ouvert sur les tendances, évoluer en permanence, pour ne pas finir comme Kodak ou La Redoute en s’accrochant à une époque qui n’existe plus. Mode ou pas, il y a peu de chance que dans 5 ou 10 ans vous ayez le même business qu’aujourd’hui, ou alors vous l’aurez revisité plusieurs fois au fil du temps, sans même parfois vous en rendre compte.