Être entrepreneur c’est s’affranchir des clichés et tracer sa route

Être entrepreneur c'est s'affranchir des clichés et tracer sa route
Être entrepreneur c'est s'affranchir des clichés et tracer sa route

La France aime les dogmes, les normes, ranger les gens dans des cases, définir des règles pour tout et rien, ou encore une méthode infaillible pour réussir. L’entrepreneuriat n’y déroge pas, même s’il s’agit d’un milieu créatif, innovant, qui se refuse à rentrer dans la boite. Il suffit de se rendre dans les conférences, les soirées networking, lire des blogs et simplement échanger entre entrepreneurs pour en trouver plusieurs qui peuvent en horripiler certains, pendant que d’autres les suivront à la lettre pour s’assurer d’être sur la bonne voie de l’entreprise parfaite.

Sur Fractale, la boite, le cadre, on n’aime pas. Les seules lignes que nous suivons, ce sont les valeurs de respect, bienveillance, partage et la passion pour son projet. Alors quand on entend ou on lit qu’il faudrait faire ceci ou cela pour mener sa startup vers la postérité, on ne peut que bondir…

  • Pour réussir, il faut s’associer « seul on va plus vite, à plusieurs on va plus loin« . Celle-ci nous devons l’entendre 3 fois par semaine, si ce n’est plus. La règle qui veut qu’on ne peut réussir qu’en étant plusieurs semble être la seule qui vaille. D’ailleurs si vous essayez de lever des fonds et que vous êtes seul(e) à la tête de votre boite, il y a 90% de chances que nous n’y arriviez pas. A croire que tous les entrepreneurs solo se sont plantés depuis la nuit des temps. Pourquoi ne pourrait-on pas démarrer une entreprise seul(e), la lancer, la développer, puis s’entourer en recrutant les profils dont nous avons besoin sans forcément avoir un(e) associé(e) ? Tout le monde n’est pas fait pour s’associer, certains travaillent bien mieux seuls.
  • Il faut avoir un réseau pour démarrer et se développer. Sans réseau, on n’est rien. Peut-être dans certains business c’est sûr, mais pas dans tous. Si vous ouvrez votre pâtisserie à Paris ou Bordeaux, pas besoin de réseau, les passants s’arrêteront devant votre jolie boutique, le bouche à oreilles fera le reste et puis les blogs/magazines locaux sauront bien vous dénicher pour parler de vous, sans que vous ayez besoin de les contacter par l’intermédiaire de la cousine de l’ami de votre tante. Le réseau ça se crée, ça se défait, ça entretient l’hypocrisie, et parfois le reniement de ses valeurs pour le conserver. Vous ferez le vôtre avec le temps.
  • Il faut lever des fonds, soit auprès de business angels, soit de vos proches, soit par le crowdfunding (hyper tendance). Démarrer avec vos deniers personnels, en faisant attention à vos dépenses, en réinvestissant vos gains chaque mois dans le développement de votre entreprise, cela semble d’une autre époque. Et pourtant peu d’entrepreneurs le font. Les seuls qui s’y frottent sont médiatisés, donnant l’illusion qu’il est impossible de se lancer si on ne démarre pas avec 300 000€, un rythme de croissance effréné et une course à la notoriété. Rassurez-vous, bon nombre d’entrepreneurs ont démarré avec 10 000/20 000€ d’économies et sont toujours là. Alors que d’autres ont cramé plusieurs millions d’euros (qui n’étaient pas à eux).
  • Il faut avoir LA bonne idée, celle qui va changer le monde, disrupter un secteur économique, révolutionner la quotidien de tout le monde. Bref de quoi se mettre une sacrée pression pour démarrer. L’idéal pour ne jamais se lancer. Car comment savoir à l’avance qu’un projet va bouleverser la donne ? Vous croyez que Frédéric Mazella pensait tout faire exploser dans le transport avec BlaBlaCar quand il l’a créée ? Pas du tout. Il croyait à sa boite, il était passionné, il s’est donné à fond dans l’exécution, il n’a pas lâcher, alors que beaucoup n’y croyait pas. Ce n’est pas tant soit peu l’idée, mais plutôt vous, qui ferez la différence dans votre business. Une même idée sera exécutée différemment par autant d’entrepreneurs qui auront la même.
  • Il faut se faire accompagner par un mentor, un incubateur, un coach, etc… Mais ne pas rester seul, car c’est bien connu un nouvel entrepreneur n’y connait rien et seul il se plantera à coup sûr. Que nenni, si vous le sentez, faites-le, mais si vous avez créé votre startup, c’est pour être libre non ? Nous ne sommes plus à l’école, nous devons nous bouger, nous assumer, compter sur nous-mêmes et arrêter de référer à quelqu’un de chaque décision à prendre. Être entrepreneur c’est passer dans l’âge adulte, se faire confiance, prendre ses responsabilités et ne plus avoir quelqu’un qui nous dicte ou oriente ce qu’on doit faire, sous prétexte que lui(elle) sait par expérience.
  • Il faut monter une SAS. Si vous montez une SARL, ou pire prenez le statut d’auto-entrepreneur, vous serez la risé de tous les events. C’est bien connu avec la SAS, on fait ce qu’on veut, on évite le RSI, on est Président ! Le Graal pour tout startuper. Si vous ne le sentez pas, si votre business model ne nécessite pas de SAS, ne suivez pas la mode et choisissez votre propre statut avec l’aide de votre comptable ou avocat par exemple.
  • Il faut appliquer la méthode Lean Startup. C’est LA méthode en vogue aux USA et donc en France, car on copie toujours la Silicon Valley, qui a vu émerger des pépites au cours des 15 dernières années. Le Lean Startup repose sur le principe assez simple de lancer sa startup dès l’idée ou le prototype, sans attendre que tout soit parfait, pour tester son marché et ajuster en permanence son projet et business model en fonction des retours qu’on en a. Idéal pour certains business, mais pas pour d’autres. Certaines idées ont besoin d’être matures avant d’arriver sur le marché, afin de ne pas décevoir les early adopters et d’autres ont besoin de s’imposer auprès des utilisateurs pour créer un besoin sans attendre leur retour, à fortiori négatif s’il s’agit d’un produit qu’ils ne connaissent pas. Vous imaginez si l’iphone n’avait fonctionné qu’à moitié à sa sortie ??

On pourrait en citer bien d’autres, mais ceux-ci sont très illustrateurs de ce qu’on entend en ville dans les diners (ou drinks) et qui sont parfois horripilants.

Notre règle, la seule que nous vous conseillons de suivre, c’est SOYEZ VOUS-MÊME ! Vous seul savez ce qui est bon pour vous et votre entreprise. Peut-être que vous vous planterez, mais votre échec n’appartient qu’à vous et c’est grâce à lui que vous avancerez vers votre réussite. La vôtre. Pas celle du manuel du parfait petit entrepreneur.

Si j’ai appris quelque chose c’est que pour entreprendre il n’y a aucune formule. il faut bien se connaître et savoir ce qui te rend heureux. Et après le faire malgré tout ce que disent les autres – Chiara Condi, fondatrice de Led by Her