A San Francisco, une startup s’attaque au boom des loyers en créant Cargotopia

A San Francisco, une startup s'attaque au boom des loyers en créant Cargotopia
A San Francisco, une startup s'attaque au boom des loyers en créant Cargotopia

San Francisco est aujourd’hui devenue une des villes les plus chères pour se loger. Capitale mondiale de la tech, les travailleurs affluent de toute la planète et doivent faire face à des prix exorbitants : une hausse de +15-16% selon les quartiers en un an, avec un loyer médian qui dépasse les 4000$ mensuels. Une explosion qui incite de nombreux habitants à vivre « illégalement » dans des bureaux, des garages ou sous-louer une pièce chez l’habitant par Airbnb. 60 000 personnes vivraient ainsi à San Francisco.

Une évolution qui inquiète les autorités de la ville, mais qui donne des idées à des entrepreneurs. C’est ainsi qu’un jeune startuper, lassé de payer un loyer de folie (4200$/mois pour un appartement avec deux chambres dans San Francisco’s Mission District) pour de maigres prestations, Luke Iseman, 31 ans, a eu l’idée de créer une ville dans la ville faite de containers de transport maritime dans la baie de San Francisco à West Oakland. Initié à Amsterdam en 2006, ce type d’habitat en container se décline déjà en Allemagne, en Australie, au Canada et au Royaume-Uni et en France à la résidence universitaire du Havre depuis 2010. Luke envisage de proposer l’idée à toutes les grandes villes qui sont devenues trop chères pour les américains.

CARGOTOPIA

Pour le moment un « village » de 11 logements a été créé. Luke a occupé le premier il y a près d’un an avec son amie Heather Stewart et a proposé ensuite à des amis de les rejoindre. Un container est aménagé en trois semaines, il utilise des panneaux photovoltaïques, des ampoules LED, le haut-débit internet, une douche chaude, des toilettes écologiques et un réfrigérateur basse consommation.

L’objectif, plus que faire de l’argent (chaque container est loué 1000$/mois alors que Luke loue l’emplacement 9100$/mois et l’aménagement lui est revenu à 12000$ le container) est de changer le rapport au logement des citoyens, de créer un nouveau modèle de développement urbain et de partager un mode de vie innovant « For me, success in this project is how to change people’s ideas about housing » a t-il expliqué à Bloomberg.

Cargotopia

Ce village de containers est lui aussi illégal, et Luke a déjà été délogé deux fois par les autorités. Ce qui ne l’a pas découragé. Son site Boxouse propose des kits pour aménager son container, des plans et même d’acheter son container prêt à être installé.