Le Québec mise sur la jeune génération pour rattraper son retard sur l’entrepreneuriat par rapport aux provinces anglophones du Canada

Le Québec mise sur la jeune génération pour rattraper son retard sur l'entrepreneuriat par rapport aux provinces anglophones du Canada
Le Québec mise sur la jeune génération pour rattraper son retard sur l'entrepreneuriat par rapport aux provinces anglophones du Canada

La vague d’entrepreneuriat est aujourd’hui mondiale, un phénomène de génération ou d’époque dans un monde où chacun cherche du sens dans ses actions qu’elles soient professionnelles ou personnelles, victime (heureuse ou pas…) de la crise qui a bouleversé les codes au travail en Occident. Le Québec, province francophone qui attire de nombreux français en quête d’une nouvelle vie plus proche de la nature et d’une autre culture, plus anglo-saxonne, n’est pas en reste et les pouvoirs publics ainsi que la société civile œuvrent beaucoup pour cultiver l’envie d’entreprendre parmi les québecois.

Maxime Jong, coach entrepreneur à la Maison des Entrepreneurs du Québec nous en dit plus :

Maxime Jong

Qui êtes-vous, que faites-vous, quel est votre parcours ?

Je suis Maxime Jong un entrepreneur franco-camerounais de 25 ans qui vit à Montréal.

J’ai grandi au Cameroun où j’ai passé 19 ans de ma jeune vie avant d’arriver au Québec en 2009 pour y faire mes études. J’ai commencé par des études en Économie à l’Université de Montréal (une Mineure en Économie) puis un Bachelor en Administration des Affaires-concentration marketing (un BAA) à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). J’étudie maintenant en maitrise en stratégie à l’UQAM.

Ma vie entrepreneuriale commence en 2011, lorsque je crée ma première entreprise à Montréal : Rentable.net, une plateforme web de location de particulier à particulier. Entre 2011 et 2013, après avoir aidé mes amis, les amis de mes amis et les amis des amis de mes amis à écrire leurs plans d’affaires, je décide finalement en Septembre 2013 de créer un cabinet de conseil en stratégie et développement des affaires avec mon frère : JConsulting (jconsulting.ca).

En Décembre 2014 j’écris une bande dessinée sur l’entrepreneuriat. En Avril 2015 je commence à la distribuer dans mon réseau et cherche des organismes qui accompagnent les entrepreneurs. C’est dans ce contexte que je rencontre monsieur Nadeau, fondateur de la Maison des Entrepreneurs du Québec (MEQ) avec qui je partage une vision et des valeurs. On organise un rapprochement et je deviens coach entrepreneur, chargé de projet et bras droit de monsieur Nadeau.

C’est quoi La Maison des Entrepreneurs du Québec ? Quel est son rôle et son action ?

La Maison des Entrepreneurs du Québec est un édifice façonné de compétences et d’expériences d’une communauté d’entrepreneurs. Des hommes et des femmes d’affaires, qui souhaitent développer la flamme de l’entrepreneuriat au Québec. La mission s’intitule : I.D.É.É, c’est à dire, inculquer les savoir-faire inhérents à la profession d’entrepreneur, développer une communauté d’entrepreneurs expérimentés, éveiller et redonner aux jeunes le goût d’entreprendre, épauler, accompagner et coacher les entrepreneurs et entreprises dans leurs démarches d’innovation. Nous comptons 1300 membres de l’écosystème des affaires.

La Maison des Entrepreneurs du Québec est un édifice façonné de compétences et d’expériences d’une communauté d’entrepreneurs

Qu’est ce que l’école Entrepreneuriale Audace ?

Le fondement de l’initiative « Audace » est de contribuer à « développer un Québec fort et entreprenant » avec une relève éveillée, pour développer une meilleure conscience économique et entrepreneuriale dès le jeune âge, et ainsi créer de la richesse au Québec.

La mission de l’école Entrepreneuriale Audace est d’inculquer aux jeunes la ténacité, la persévérance, la créativité, ainsi qu’une approche entrepreneuriale de terrain. Le cursus Audace vise à augmenter la culture et les savoir-faire entrepreneuriaux des jeunes Québécois, en bonifiant leur programme scolaire et en leur offrant un camp d’été.

Les objectifs sont de former 300 000 jeunes (âgés entre 10 et 16 ans) d’ici 2025 et intégrer le cursus Audace dans au moins 50 % des écoles primaires et secondaires du Québec.

La mission de l’école Entrepreneuriale Audace est d’inculquer aux jeunes la ténacité, la persévérance, la créativité, ainsi qu’une approche entrepreneuriale de terrain

Il y a actuellement un phénomène de génération tous entrepreneurs, Le Québec suit il cette mouvance ? Qui sont les entrepreneurs de référence au Canada, les rôle-modèles ?

Oui clairement, la vision du Québec et des Québécois vis-a-vis de l’entrepreneuriat a beaucoup changé. De plus en plus d’émissions télévisées sont consacrées à l’entrepreneuriat, les politiques en parlent, les écoles et les organismes d’accompagnement sont de plus en plus nombreux à proposer des formations pour entrepreneurs. Les banques en parlent de plus en plus et cherchent à attirer et aider les entrepreneurs à démarrer.

Nos entrepreneurs de références sont au Québec :

Jean-Coutu fondateur des pharmacies Jean-Coutu
Alain Bouchard fondateur des dépanneurs (supérettes) Couche-tard
Joseph- Armand Bombardier fondateur de Bombardier
Pierre Péladeau fondateur de Quebecor
Alphonse Desjardins fondateur des caisses populaires Desjardins
Lino Saputo fondateur de Saputo (produits laitiers)

Il y en a beaucoup d’autres, je n’ai cité que ceux qui me venaient en tête.

Au Canada je citerai juste un exemple : Elon Musk, dont la mère est canadienne et qui a fait une partie de ses études au Canada.

Y a t-il des différences entre le Québec et les autres régions au niveau de l’entrepreneuriat ?

Oui, le Québec accuse un retard en ce qui concerne l’entrepreneuriat par rapport aux provinces anglophones du Canada. Ce retard s’explique par l’histoire du Québec qui a longtemps été dominé par l’église catholique qui enseignait que l’argent était une mauvaise chose, alors que le reste du Canada est plutôt protestant calqué sur le modèle des États-Unis. Depuis quelques années comme mentionné plus haut le Québec fait de gros efforts pour rattraper son retard et mise de plus en plus sur l’entrepreneuriat.

Il y a tout un tas de raison qui explique cette différence entre les régions mais est-ce vraiment important ? Depuis quelques années comme mentionné plus haut, le Québec fait de gros efforts et mise de plus en plus sur l’entrepreneuriat. La province compte notamment sur cette génération de jeunes entrepreneurs prête à marquer l’histoire et faire rayonner le Québec, comme l’on fait les générations précédentes, pensez au Cirque du Soleil, aux avions “Bombardier” ou à l’entreprise CGI.

Le Québec accuse un retard sur l’entrepreneuriat par rapport aux provinces anglophones du Canada mais mise sur la jeune génération prête à marquer l’histoire

Qu’en est il de la scène tech au Québec ? Quels sont les secteurs porteurs en ce moment pour créer sa boite ?

Le Québec se positionne sur les marchés suivants :

– Biotechnologie
– Pharmaceutique
– Aviation et transport (exemple bombardier)
– Ingénierie
– Logiciel et internet
– Conseil (exemple CGI)
– Cinéma
– Jeux video (la majorité des jeux sont développé ici : ubisoft, EA)
– Animation 3 D

Un conseil pour un français qui voudrait s’implanter au Québec ?

Faites preuve d’audace, les gens ont un accès facile, faites du réseautage intensif. D’une conversation à une autre vous pouvez très vite atteindre les personnes dont vous aurez besoin pour développer votre entreprise.

Venez sans prétention, venez et écoutez, il y a beaucoup d’opportunités à saisir si vous ne tombez pas dans le piège de vous dire que c’est comme la France, la culture est nord-américaine, et ça a ses avantages.