« L’écosystème startup belge a connu une accélération certaine au cours de ces derniers mois » Alex & Wassim, fondateurs de YiHa

"L’écosystème startup belge a connu une accélération certaine au cours de ces derniers mois" Alex & Wassim, fondateurs de YiHa
"L’écosystème startup belge a connu une accélération certaine au cours de ces derniers mois" Alex & Wassim, fondateurs de YiHa

Envoyer des messages anonymes instantanés séduit de plus en plus la nouvelle génération : Whastapp compte plus de 800 millions d’utilisateurs à travers le monde. Suivant cette mode, de nombreux startupers entendent suivre les traces du leader racheté 22 milliards de dollars l’année dernière par Facebook, à l’instar de YiHa, une application qui permet d’échanger des messages anonymes instantanément avec les gens autour de soi dans un rayon de 2 à 7 km. YiHa est basée à Bruxelles et a entamé son développement sur Paris cet été.

Alex et de Wassim ont répondu à nos questions et nous en disent plus sur Yiha, ainsi que sur l’écosystème startup en Belgique :

La_Team_Yiha

YiHa, c’est quoi, d’où est venue l’idée ?

Alex : YiHa (à prononcer Yiiii-Haaaa !) est une application mobile qui permet d’échanger des messages anonymes instantanément avec les gens autour de soi (dans un rayon de 7 km). L’idée nous est venue en travaillant sur une autre application de messages géolocalisés, qui ne fonctionnait pas car trop compliquée (Figibox). On en a donc lancé une autre, YiHa, simplifiée au maximum. On a par contre gardé comme objectif d’aider les utilisateurs à se rencontrer dans la vraie vie en fonction de leurs intérêts communs.

L’objectif de YiHa est d’aider les utilisateurs à se rencontrer dans la vraie vie en fonction de leurs intérêts communs

Quel est votre parcours ? Que faites-vous à Bruxelles ?

Wassim : Je suis étudiant à L’INSEEC à Paris, et j’ai choisi d’aller à Bruxelles pour faire un stage chez Yiha. Mais très rapidement, on a décidé de déménager vers la France pour y rayonner.
Alex : Moi aussi je suis étudiant mais à Bruxelles, à l’ULB.

Y a t-il un véritable intérêt à lancer ce genre d’application alors qu’il existe quelques géants sur le secteur ?

Wassim : l’existence des géants prouve qu’il y a du potentiel. C’est positif. L’idée des messages anonymes n’est en effet pas neuve, mais la traction que nous connaissons (ndlr: 15.000 téléchargements et 40.000 messages en à peine un mois) prouve que notre approche différente parle aux jeunes et qu’il y a un besoin à combler.

L’existence des géants sur le secteur prouve qu’il y a du potentiel

Comment avez-vous financé le développement et le lancement marketing ?

Alex : On dépense le moins possible. Les amis et la famille nous ont aidé jusqu’ici. Depuis la semaine passée, grâce à la croissance du nombre de téléchargements, les deux premiers investisseurs privés potentiellement intéressés nous ont contacté. Ça tombe bien car nous sommes à la recherche de 200.000 euros pour accélérer encore notre développement.

On entend peu parler de l’écosystème startup en Belgique, qu’en est il ?

Alex : L’écosystème startup belge a connu une accélération certaine au cours de ces derniers mois. Depuis début 2015, 10 startups belges ont été vendues et 17 sociétés basées en Belgique ont levé 1 million d’Euros ou plus. Mais il faut avouer que cette énergie provient surtout du fait que les investisseurs étrangers commencent à s’intéresser aux talents en Belgique.

L’écosystème startup belge a connu une accélération certaine au cours de ces derniers mois

Y a t-il un engouement comme en France, avec des incubateurs, des BA, des magazines dédiés, des aides etc… ?

Wassim : En France, l’engouement est quand même beaucoup plus fort. En Belgique, il y a bien des aides et des incubateurs, souvent financés en partie par les pouvoirs public. Mais il n’y a pas de magazines dédiés aux start-ups et surtout le nombre de BA qui aient une véritable expérience en start-up technologique est très limité. Un certain nombre de succès du passé proviennent de Belges qui se sont très vite expatriés pour réussir (Xavier Damman de Storify, Jeremy Le Van de Sunrise, Frédéric della Faille de Frontback) et ne sont pas forcément revenus. Or, trouver de l’argent est une chose, mais trouver un investisseur qui ait de l’expérience et qui vous fasse avancer en est une autre. En Belgique, c’est pas gagné.

Comment le milieu des startups va t-il évoluer en Belgique selon vous ?

Alex : Une poignée d’entrepreneurs sont très motivés en Belgique. Regroupés autour de www.startups.be, ils ont par exemple réussi à créer un “tax shelter” pour les start-ups, avantage fiscal en place depuis le premier juillet 2015. Cela ne peut donc qu’évoluer dans la bonne direction. Ceci étant dit, les sociétés belges qui réussissent continueront à être rachetées très rapidement par les étrangers. Car pour grandir à vitesse grand v, il faut soit lever des capitaux importants (ce qui reste difficile en Belgique par rapport aux pays voisins et certainement aux États-Unis), soit s’intégrer dans un groupe déjà présent à l’étranger et qui ait les moyens de ses ambitions.

Les sociétés belges qui réussissent continueront à être rachetées très rapidement par les étrangers

Y a t-il des places à prendre pour des français ?

Wassim : Oui, pour les Français, la Belgique est un marché de 4 millions d’âmes francophones à ne pas oublier. Nous discutions par exemple la semaine passée avec la Startup française www.TripnDrive.com. Pour eux, la Belgique est juste à côté. C’est donc à la fois un marché et une opportunité pour eux, qu’ils peuvent développer avec relativement peu d’efforts. Il suffit d’y penser et d’avoir quelques contacts pour élargir en Belgique une base déjà développée en France, sans trop de difficultés.

Quand on lance une startup en Belgique, il faut obligatoirement viser la France dès le départ ?

Alex : Pour une app, je pense que oui. Le Français moyen est beaucoup plus connecté que le Belge, car les smartphones et la data 3G/4G sont quasiment offerts avec l’abonnement en France grâce à la concurrence de Free. Le marché français est donc à la fois plus mature et beaucoup plus grand que la Belgique. On y décolle plus rapidement.

Quelle est votre prochaine étape ?

Wassim : Trouver 200K Euros et un Business Angel qui nous soutienne afin de poursuivre notre croissance de 7 % par semaine pendant au moins 2 ans.
Alex : Continuer notre travail terrain avec notre YihaMobile et une tournée des universités.

Un conseil pour un startuper belge ?

Ne vous limitez pas à la Belgique. Paris, Londres, Amsterdam et Berlin sont juste à côté. Aujourd’hui, le monde est un village, il faut en profiter.

Ne vous limitez pas à la Belgique. Paris, Londres, Amsterdam et Berlin sont juste à côté. Aujourd’hui, le monde est un village, il faut en profiter