L’entrepreneur qui voulait redevenir salarié

L’entrepreneur qui voulait redevenir salarié
L’entrepreneur qui voulait redevenir salarié

Bon nombre d’entrepreneurs ayant planté leur boite, ou n’ayant pas réussi à la développer suffisamment pour en vivre correctement, ou encore par déception du job de chef d’entreprise font le choix de (re)devenir salariés après avoir cédé ou fermé leur boite.

Un passage aussi difficile, voire même pire lorsqu’on a pu faire « ce qu’on voulait » pendant toutes ces années, sans patron, sans horaire, sans contrainte, dans une relative liberté. Passer de l’autre côté de la barrière peut s’avérer difficile pour ceux qui ont pris ces « mauvaises habitudes » de ne pas avoir d’emploi du temps, de ne plus accepter de recevoir d’ordres d’un manager, de fonctionner au feeling, d’éliminer les process, etc…

Une étape qui peut aussi parfois être mal vécu par « celui qui n’a pas réussi » et qui doit revenir à la case départ, voire engendrer des petites phrases telles que « j’en étais sûr que tu reviendrais travailler chez nous » ou « je te l’avais bien que ça ne marcherait pas », de la part des frustrés qui eux, n’ont même pas tenter l’aventure mais qui grâce à l’échec des autres, se confortent dans l’idée qu’ils ont eu raison de ne pas le faire. Ceux-là il faut les éviter ou les remettre à leur place, car peut-être que votre boite a coulé, mais vous au moins vous avez évolué au cours de ces années , vous avez enrichi vos compétences, vous êtes capables de vous sortir de toutes les pires situations, vous vous êtes constitué un réseau, vous avez profité de votre vie au sens large du terme pendant que ces mêmes ont subi la leur sur le mode « lamentations perpétuelles ».

A première vue cela ne va pas être facile de se retrouver dans le moule du parfait petit salarié, surtout si vous venez du monde des startups pour prendre un poste dans une PME ou un grand groupe… En effet dans ceux-ci, le management positif et/ou à la cool n’est très souvent qu’une idée marketing, car vous vous apercevrez vite qu’il n’en est rien, malgré les beaux discours… Vous aurez des horaires à respecter, très souvent au-delà de ceux indiqués dans votre contrat de travail, pour vous faire bien voir de votre hiérarchie et de vos collègues, qui ne manqueront pas de vous observer au quotidien. Vous aurez aussi des obligations, telles qu’assister à des réunions interminables où après 2h de palabres, votre manager conclura par « finalement on va garder l’idée du début, c’était la meilleure », tout ça pour ça… Vous devrez aussi faire des reporting quotidiens ou hebdomadaires de votre activité, vous aurez des chiffres et des quotas à tenir, des procédures à respecter, vous ne pourrez plus décider seul de vos actions, vous devrez référer à votre hiérarchie de vos projets et initiatives, vous devrez faire avec l’ambiance de bureau, les cancans et autres rumeurs sur les uns et les autres, les clans, les croche-pattes, les pièges, les récompenses des petits copains à défaut du mérite, etc… Êtes-vous prêts à (re)vivre cela ?…

Et encore tout ceci c’est si vous trouvez un job, car avec près de 6 millions de chômeurs de toutes catégories, vous aurez une chance inouïe si après 5 années ou plus d’entrepreneuriat vous décrochez le Graal : un CDI, voire un simple CDD. Bien que vous entendiez partout dire que les années où vous avez géré votre entreprise sont précieuses pour un recruteur et une entreprise, c’est faux. Vous êtes un électron libre, vous n’êtes pas formatés, ils ne pourront pas vous faire rentrer dans leur moule, vous pourriez même contester leur politique, voire créer des révoltes au sein des autres salariés si vous découvrez des magouilles et des injustices, vous pourriez même prendre la place du patron un jour… Si vous avez la « chance » d’avoir des amis qui vous mettent en contact avec des entreprises qui recrutent, tant mieux pour vous. Si vous avez gardé de bonnes relations avec votre ancien chef, c’est encore l’idéal, ou si vos anciens camarades de promo vous tendent la main, bravo. Mais si vous n’avez pas fait d’école de commerce, si vous n’avez pas de liens privilégiés avec un chasseur de tête ou pire si vous n’avez jamais été salarié, vous avez 0 chance de trouver un job. Il faudra vous contenter de travailler en free-lance, avec certes un liberté relative, mais sans aucune protection ni avantages que vous pourriez avoir en tant que salarié. Cette tendance se généralise, les entreprises évitant au maximum les contraintes liées à l’embauche en cette période de crise plus ou moins éternelle en France. C’est ça ou alternance et contrats aidés payés une misère, vous préférez quoi ?

Bien évidemment retourner dans le monde du salariat a aussi de nombreux avantages : le matin vous vous lèverez sans vous demander comment vous allez gagner votre vie, chercher un contrat, signer un deal, payer vos nombreuses factures, faire patienter vos fournisseurs, négocier avec la banque, etc… De ce côté-là avoir une rémunération assurée chaque fin de mois n’est pas négligeable et très reposant. De plus après 4 mois dans une entreprise, vous aurez droit à des indemnités de chômage, chose à laquelle les entrepreneurs n’ont jamais gouté ! Ensuite vous aurez aussi des congés payés, au moins 5 semaines où vous n’aurez pas besoin de penser à votre entreprise, des vraies vacances donc, vous aurez aussi des RTT, les ponts, des congés maladies ou pour enfant malade. Vous aurez aussi peut-être la chance d’avoir un Comité d’Entreprise, un service de conciergerie, une cantine, des fêtes d’entreprises, des opérations de team-building, un magnifique bureau, une machine à café, un distributeur de friandises, une assistante, un stagiaire, des budgets colossaux, des invitations à des events auxquels vous n’auriez jamais pu accéder avant, une voiture de fonction, etc… Vous n’aurez peut-être pas tout ça évidemment, mais en aviez-vous le quart quand vous étiez entrepreneur ?…

Bref redevenir salarié après un échec entrepreneurial, c’est un choix, ou pas, et comme toujours cela présente des avantages et des inconvénients. Il convient à chacun de poser toutes les conditions avant de prendre une décision. S’il n’y a pas d’autres alternatives, l’important sera de se focaliser sur les points positifs de la situation !

1 Comment

  • carole cr dit :

    C’est exactement ça
    Période transitoire difficile en enchaînant volontairement des cdd mais cela m’a donné le temps de trouver le meilleur job en cdi avec les avantages de l’entrepreneuriat et les avantages du salariat.
    Car il est vrai que monter sa boîte, dans un CV atypique, ça n’est pas bon du tout pour reprendre le travail.

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