Il y a actuellement une forme d’hystérie collective autour de l’entrepreneuriat à laquelle il est difficile d’échapper

Il y a actuellement une forme d'hystérie collective autour de l'entrepreneuriat à laquelle il est difficile d'échapper
Il y a actuellement une forme d'hystérie collective autour de l'entrepreneuriat à laquelle il est difficile d'échapper

Chez Fractale, vous l’aurez remarqué, on a un discours parfois et même souvent à contre-courant de la pensée unique qui vise à encenser l’entrepreneuriat, les levées de fonds, les écoles de commerce, la génération Y qui va changer le monde, les valorisations à plusieurs centaines de millions d’euros, les incubateurs et accélérateurs, les stars du web, le réseau sans lequel on ne pourrait réussir, etc… On pourrait en citer plein comme ça. Alors oui on vous avoue que parmi l’élite auto-proclamée du microcosme entrepreneurial français, on ne nous aime pas trop. On nous dit que nous sommes des révoltés, les Besancenot ou Mélenchon des startups, que nous devrions suivre le mouvement, cet enthousiasme digne de l’ex-URSS pour l’entrepreneuriat qui est devenu le rêve commun de toute une nation et arrêter de tout remettre en cause.

C’est dommage, mais non on ne peut pas fermer les yeux devant les levées de fonds qui ne riment à rien, si ce n’est défiscaliser pour des business angels qui ont hésité entre mettre des tickets de 10 000€ dans des startups inutiles et rejoindre l’exil doré franco-français de Bruxelles ou Genève. Surtout quand on voit toute la misère qui règne en France et ailleurs en ce moment, que ce soit les réfugiés syriens dont chacun voudrait qu’ils disparaissent des infos regardées avec son plateau repas en famille à 20h, les jeunes de banlieue qu’on a oubliés depuis trop longtemps et qui n’attendent qu’un geste de la part de ceux qui ont réussi pour commencer une vraie vie, plutôt que rejoindre le grand banditisme ou l’État Islamique, l’état de délabrement des infrastructures en banlieue et en province, l’abandon des services de transport en commun en région, le taux de chômage faramineux dont on ne voit pas l’issue, les faillites d’entreprises historiques gérées en bon père de famille depuis 20 ou 30 ans parce qu’elles n’ont pas eu la chance d’avoir le bon réseau pour trouver de l’argent, etc… Les injustices sont nombreuses, on sait bien que les levées de fonds n’y sont pour rien, mais cela nous révolte quand même, quand on fait le parallèle.

On ne peut aussi fermer les yeux devant ce soudain engouement pour l’entrepreneuriat qui serait la seule solution pour sauver la France du chômage. Chacun prendrait tout d’un coup sa vie en mains, en quête de sens, préférant avoir un job trop cool à un salaire décent. On se fiche de qui ? C’est une opération marketing – ou lavage de cerveau- des jeunes auxquels l’Etat n’a rien à offrir qu’une crise économique qui s’éternise, des inégalités croissantes, et une démission de son action sociale. Il n’y a pas le choix de toutes façons, il faut bien créer son job, car il n’y en a pas d’autres façons. Un stage, une alternance, un contrat aidé oui, mais un CDI ou même rien qu’un CDD, c’est devenu un mythe de l’âge d’or qu’ont vécut nos parents et grands-parents il y a bien longtemps. Sauf que si t’as pas ton CDI, tu peux toujours chercher un logement : en location, te déplace même pas pour visiter et en achat, tu as intérêt à bien négocier avec ton conseiller ou avoir ton papa et ta maman qui t’ont remplit à ras-bord une assurance vie depuis ta naissance. En dehors du CDI point de salut. Et c’est sans compter sur cette mutation sociétale qui fait tant fantasmer les pouvoir publics et les grands penseurs qui nous martèlent que le salariat c’est fini, aujourd’hui place à l’économie collaborative, au retour aux vraies valeurs, à la notion d’usage avant la possession, à travailler « quand j’en ai envie », et sans contrainte, dans la liberté la plus totale. Mais la précarité la plus totale aussi ! Car pas déclaré, il n’y a pas d’impôts certes, mais pas de sécurité sociale et pas de retraite. On va bien rire dans 50 ans quand toute une génération n’aura pas de quoi vivre à 70 ans. Mais c’est vrai, on s’en fiche, nous on ne sera plus là pour voir ça. Sans compter que des entreprises devenues des géants internationaux valorisés plusieurs milliards d’euros, sous couvert de changer le monde, se font des fortunes sur le dos de ces gens qui n’ayant pas de job n’ont d’autres choix que de sous-louer leur appartement, leur voiture ou leur perceuse. Ces droits que les salariés ont mis des générations à acquérir sont aujourd’hui bafoués par des « licornes » (pas celles des Bisounours évidemment…), sans que cela n’émeuve qui que ce soit, bien au contraire, ils sont même adorés par des apprentis-startupers qui ne rêvent que de vivre la même chose. On ne dit pas que c’était mieux avant. Rechercher du sens, vouloir plus de liberté dans son job et sa vie, travailler quand on veut c’est bien, mais encore faut-il que cela soit vraiment de son plein gré et pas pour enrichir à profusion ceux qui profitent de la crise et du chômage.

Les incubateurs et accélérateurs qui ont émergé à profusion ces dernières années, créés pour bon nombre d’entre eux par des startupers ayant échoué et se disant qu’aujourd’hui cela leur donne une légitimité pour accompagner les autres entrepreneurs, ou par des consultants et investisseurs en mal de notoriété. Car une fois que vous avez créé une telle structure, toutes les portes s’ouvrent à vous, vous faites partie de l’élite qui œuvre pour encourager l’entrepreneuriat en France. Axelle Lemaire et Emmanuel Macron vous gratifient régulièrement de leur visite dans vos locaux. Des business angels viennent faire leur marché pour dénicher la pépite qui leur fera économiser quelques milliers d’euros sur leur avis d’imposition l’année prochaine. Mais en 3 mois, on apprend quoi ? Qu’il faut s’associer et qu’on ne peut pas réussir seul, que si on est une femme, on a plus de chance de passer dans les médias, que sans levée de fonds, on ne peut pas décoller, qu’on doit vivre-manger-dormir pour sa boite, qu’on doit avoir un réseau en béton qui sera toujours là en cas de pépin divers, qu’on doit faire entrer son dev à son capital, etc… Et en plus les incubés doivent dire partout que « c’est tellement formidable d’avoir intégré xxxx, ça a changé ma vie, sans eux je ne serais rien » Critiquer un accélérateur ou un incubateur, c’est mal. C’est comme si tu dénigrais ta patrie qui t’a nourri depuis le berceau.

Les écoles de commerce, on en parle aussi ? En France, si tu n’as pas fait une grande école de commerce, ESCP, ESSEC, HEC, tu peux aller pleurer sur ton canapé devant The Apprentice, parce que tes chances de créer ta boite et de réussir sont infimes par rapport à celles et ceux qui ont eu la chance d’avoir leurs parents pour payer le saint Graal. Qui dit école de commerce dit réseau (vous savez les gens qui pourront vous servir à quelque chose pour vous enrichir et passer à la TV), dit argent pour financer tes projets, dit mentors de renom pour t’empêcher d’aller dans le mur au bout de 6 mois, dit ouverture de toutes les portes que tu as besoin sur le chemin de ta réussite. Si tu as fait la fac, un BTS, un CAP, que tu n’as pas de réseau en or et que tes parents ne sont pas amis avec un PDG du CAC40, peut-être que tu pourras réussir, mais ça va être très très dur, pas impossible, mais prépare toi à galérer pendant des années.

Alors, aigris, révoltés, jaloux, chacun pourra nous qualifier de ce qu’il veut, mais nous continuerons à défendre notre vision de l’entrepreneuriat, de la réussite, de la création de valeur, et à pointer du doigt ceux qui pensent avoir atteint le sommet parce qu’ils ont levé 500 000€ sans business model, ceux qui ne prennent que des stagiaires ou des autoentrepreneurs pour faire un maximum de rentabilité aux dépends des travailleurs, ceux qui sont nés avec une cuillère en argent dans la bouche et qui viennent donner des leçons aux jeunes qui soi-disant ne se bougent pas, ceux qui paradent dans les soirées networking à la recherche de leur prochaine proie à presser comme un citron, les politiques qui font de la récupération de ces changements de société, les journaux qui pour se faire bien voir du gratin du web font des publirédationnels en lieu et place d’articles de qualité sans parti-pris. Mais une chose est sûre, on continuera à parler de ces entrepreneurs qui agissent au quotidien avec passion, qui créent des vrais emplois, qui n’ont pas besoin d’avoir un mentor pour leur dire ce qu’ils doivent faire, qui ne cherchent pas les aides à tout prix, qui chutent et qui se relèvent, qui transmettent leur savoir-faire, qui donnent de leur temps à ceux qui en ont besoin, et tout ça en gardant la pêche et le sourire tous les jours !

14 Comments

  • Patricia dit :

    Superbe article sur un monde en mouvement où nous avons à réfléchir sur nos actes et leurs conséquences.
    Entreprendre ne passe pas toujours par une création d’entreprise. C’est avant tout un élan, une façon d’être transférable sur différents plans et qui se vit dans un quotidien bien au-delà des paillettes, des soirées costume-cravate et de tout un système soi-disant indispensable pour bien réussir.
    Merci Peggy !

  • Amen ! Tout est dit !
    Beaucoup de gens ne comprennent pas que la création d’entreprise n’est pas une question économique c’est avant tout une pulsion de vie, telle une démarche existentielle qui les pousse à vouloir changer de vie et qui les amènera sur le terrain de l’économie de marché.
    Personnellement je trouve ça à la fois positif et négatif cet engouement hystérique comme tu le dis, ça va forcément arrivé à saturation un jour ou l’autre et là, ça va faire mal !

  • Guénaël dit :

    Hé hé ! Je plussoie sur ce lavage de cerveau. Et j’ai souri en lisant ce pamphlet. Et je pense que la question soulevée est vraiment pertinente. Une fois cela dit, j’aurais préféré un panorama un peu plus large que la seule attaque contre TheFamily. Car si l’attaque est directe, elle n’a pas le courage de citer sa cible et cela affaiblit le propos. Plus important : la lecture faite de l’entrepreneuriat à la TheFamily est par trop superficielle et sur plusieurs points profondément erronée. J’ai pour ma part précisément suivi la formation de 3 mois en question *après* en avoir passé 6 à végéter comme tant d’autres dans l’ « écosystème » et parmi tous ces wantrepreneurs à strass et paillettes. Or, et c’est tout le contre-sens de votre papier, c’est précisément un discours bien bien différent qui nous a été tenu durant ces 3 mois. Fausse pioche donc : vous êtes agacé par le lavage de cerveau pro-entrepreneur et donc vous en prenez à TheFamily parce qu’ils communiquent vraiment beaucoup. Sauf qu’à TheFamily, ils passent bcp de temps à te faire t’interroger sur la rationalité de ton envie d’entreprendre. Et tu réalises que ton envie n’est pas rationnelle. Puis si ton envie a survécu, à t’expliquer que si tu as fait une école de commerce, tu… ne sers à rien dans une startup. Et que tu ne bullshiteras personne, et surtout pas en France, avec ton projet foireux. Quant aux investisseurs, sans doute les gens bien connectés ont un avantage mais bcp moins que pour décrocher un CDI. Recommander qq’un c’est un peu différent que de lui filer 500 000€. C’est donc plutôt plus démocratique. Quant aux business modèles fumeux, hé bien une startup c’est par définition une boîte sans business model établi. Accorder de l’argent aux bonnes PME classiques, c’est le rôle des banques. Le jour où le total annuel des levées de fonds en France dépassera celui des pertes d’Areva l’an passé, on reparlera des vrais scandales moraux vis-à-vis des réfugiés Syriens. Bref, car je m’égare ! :-) Omniprésence du discours entrepreneurial : je suis d’accord. Leurre que de le proposer comme solution à tous nos pb : d’accord aussi. Mais votre papier, qui se veut à contre-courant et de gauche, moi j’y vois surtout une pensée bien pépère dans ses repères « union de la gauche » de 1980. Au temps où on pensait sincèrement changer la vie. Et moi aussi j’y ai cru. Sauf qu’il est un moment où il faut faire le constat que l’Etat ne peut pas tout. Ou en tout cas ne peut plus tout. Comment diable dans ce pays en est-on arrivé à penser et même accepter de vivre dans l’attente de l’Etat ? Je n’ai rien fondamentalement contre l’Etat et encore moins contre le service public. Dans le contexte actuel, oui revigorer en France l’esprit d’entreprise est une nécessité. Car contrairement à ce que vous pensez, moins on est diplômé en France, plus on crée d’entreprises. Et donc c’est un *progrès* que les diplômés des écoles de commerce entreprennent au lieu de faire leur carrière de cadre. Quant à TheFamily, avec qui je n’ai pas de lien particulier aujourd’hui, bah oui forcément, ils promeuvent leur truc. Normal. Ce qui me surprend dans le « lavage de cerveau », c’est plutôt le manque d’esprit critique des médias. Somme toute rien ne les oblige mais ils foncent tête baissée. Tant mieux que votre magazine se pose en critique. Après, je ne sais pas comment vous vous positionnez mais si vous voulez faire du journalisme et non du pamphlet (et moi j’aime ça aussi), hé bien il vous faudra enquêter plus précisément avant de pondre un papier. Idem svp avant de penser que je suis d’accord en tout avec TheFamily ou que j’ai un intérêt quelconque – même futur – à les défendre.

    • Peggy André dit :

      The Family ? Papier de gauche ? Ouah on se connait ? Vous êtes mentaliste ? En tout cas bravo pour la publicité gratuite à the Family avec qui vous n’avez pourtant aucun lien dites-vous :)

  • Richard Stole Man dit :

    Merci pour cet excellent résumé. Et ne vous inquiétez pas, il n’y a aucune honte à se faire traiter de « Mélenchon » ou de « Besancenot »…

  • Il y a déjà une grosse confusion déjà sur le mot « entrepreneur ». En 01/2014, Newsweek avait écrit qu’il n’y avait de mot equivalent en France à « entrepreneur ». Levee de boucliers en France !!! Or, à mon sens, ils avaient raison. On mélange « entrepreneur » et « chef d’entreprise » et aussi « commerçant ». En effet, tout ceux-ci en France sont considérés comme entrepreneurs et se revendiquent comme tels. Or entrepreneur, en Anglais, c’est quelqu’un qui part de zero, qui crée réellement, qui a une vision. Pas quelqu’un qui gere une boite.
    http://www.entrepreneur.com/article/233919
    Qu’est ce qu’un propriétaire de site de E-commerce qui achete et revend par exemple : c’est un commercant. Comment gagnera t’il sa vie ? S’il fait de la marge. S’il a bien monté son truc, il revendra bien son site, mais c’est tres rare. Au fait, commercant n’est pas un gros mot ni une insulte ! Mes parents l’étaient, ils adoraient leur job, aimaient leurs clients (le secret ultime pour réussir dans le commerce).
    La levée de fond a aussi un effet pervers. Des gars se retrouvent à la tête de grosses sommes avec somme toute peu d’idées pour la suite. Or, autour d’eux, certains les ont les idées pour leur faire dépenser ces sommes…. Et les prix de certains « services » flambent.
    Il y a deja eu de sacrees gamelles, il y en aura d’autres ! Heureusement, de belles boites en sortiront.
    Par contre, se sentir « diminué » parce qu’on a fait de levée de fond, qu’on a pas créé de startup dans ce microcosme ou beaucoup s’auto intitulent « entrepreneur », très peu pour moi !
    Je crois au business du réel, au plombier qui réussit par qu’il est bon et que son service client est top. Je crois au boulanger qui fait la meilleure baguette de Paris comme à celui qui a 100 boulangeries.
    J’ai 44 ans, je n’ai pas créé de startup, j’ai levé des fonds : les miens et j’ai créé des entreprises du réel. Je n’ai pas honte.
    Pour conclure, je vous invite a decouvrir, si pas encore fait, la serie de CNBC « Blue Collar Millionnaire », c’est une serie sur les artisans qui reussissent, à des annes lumieres de Shark Tank par exemple.

    • Peggy André dit :

      je suis tellement d’accord avec toi ! Tu as tout dit, il est temps de remettre les choses à leur juste place. Arrêtons d’encenser ceux qui lèvent des fonds comme si c’était là le symbole de la réussite et voyons ce qu’ils donnent sur le long terme.

  • Julien PASCAL dit :

    Il existe aussi l’entre 2 !
    Ancien conseiller clientèle dans une banque, je réalisais des projets immobiliers à titre personnel le soir et le week end donc cumulait 2 jobs afin de gonfler mes revenus et acquérir également des compétences que je n’aurai pas pu trouver en tant que salarié. C’est effectivement ce qui me manquait le plus dans mon ancien job: le fait de pouvoir apporter 100% de mon énergie, de mes idées … pour monter en compétences et faire du business, hélas je ressentais comme un frein permanent m’obligeant à rentrer dans le moule et ne pas faire plus que ce que l’on me demandait.
    L’envie a donc été plus forte et j’ai quitté ce job pour me réaliser pleinement et développer une idée à fort potentiel que j’avais depuis quelques temps. Finalement, je pensais être prêt à encaisser ce nouveau rôle, mais il faut bien le vivre pour savoir de quoi l’on parle et être entrepreneur, chef d’entreprise et commerçant sont 3 critères dans lesquels je me retrouve aujourd’hui ! Entrepreneur puisque je part de 0 avec une idée et mes fonds perso, chef d’entreprise puisque me voilà face à toutes les contraintes afférentes à une société, et commerçant parce que mon idée peut être la plus géniale qui soit, si personne ne sait qu’elle existe et si je ne vends mon produit, j’aurai, certes vécu une belle expérience, mais aussi perdu beaucoup d’argent ! Et personne ne viendra me rembourser !
    Je me voit donc obligé de lever des fonds (100 k€ mini) pour me développer rapidement, ne pas flinguer ce qu’il me reste de côté sur les 3 prochaines années, et continuer à dormir à peu près bien la nuit… Reste à trouver le bon business angel, les bons partenaires etc etc … parce qu’un projet tient à beaucoup d’éléments et surtout au fait de savoir créer sa chance ! Tout dépend ou l’on place le curseur des objectifs… et sa propre ambition ! Les motifs ne sont pas les mêmes suivant les personnes.
    Ce qui est sûr c’est que si je croise quelqu’un qui hésite entre « dois-je continuer à me faire chier mais à assurer une vie tranquille » ou « j’en envie de foncer au risque de me ramasser mais au moins je n’aurai pas de regrets », alors je lui conseillerai sans hésiter la 2ème option :-) Julien // 30 ans la semaine prochaine !
    M.E.R.C.I PEGGY :-)

  • Ugo dit :

    Très très bon article. Rien à dire sur le fond. Mais sur la forme ! Pensez à sauter des lignes la prochaine fois 😉 Et vous aurez le fond ET la forme.

  • Michel dit :

    Vous souvenez-vous des Montant et Tapie dans les 80s ? Ils avaient eux aussi la vérité, ils avaient tout compris, vive la crise et les managers…
    On s’y retrouve donc encore, autre modèle, autre linguistique, mais mêmes schémas.

    Quand on a vu un épisode de « vive la crise » ou Bernard qui paradait à Bercy, la flambée des cours de bourse de l’époque, on ne peut que se souvenir de la fin, sur un regard à la Deneuve pour Suez… « réfléchissez ».

    Depuis le 19 octobre 1987, on n’a pas arrêté de déréguler, de libérer, selon que l’on soit dedans ou sur le (bas) côté.

    Et depuis lors, on a un crach toutes les décennies environ. Les inégalités sont plus grandes qu’avant la première guerre mondiale en matière de répartition des richesses, les levées de fonds sont prises d’assaut par des autistes qui, comme leurs aïeux, pensent que les intérêts et la croissance sont infinis…
    Tous les 10 ans, ils ruinent l’économie par hysterie optimiste ou plutôt un top grand appât du gain facile.
    Les levées de fonds de 50 millions pour des pots de chambre connectés, moi, ça me fait marrer.

    Alors, plutôt que de nous lamenter encore et toujours, ce qui a été et reste inutile, plutôt que d’essayer de rendre raisonnables des gens qui sont déraisonnables dès que l’argent semble accessible, profitons du spectacle en riant fort, avant que ça finisse mal, encore une fois.

  • daniel dit :

    Le sujet sur l’hystérie collective autour de l’entrepreneuriat est intéressant, mais les autres points mentionnés dans l’article sont complètement à côté de la plaque…:
    1- le piston, ça n’existe pas uniquement dans l’entrepreneuriat, au contraire, il y en a bien plus dans les médias, la politique ou les grands groupes.
    2- le point sur les écoles est complètement faux, la meilleure illustration c’est Xavier Niel. L’entrepreneuriat c’est au contraire le refuge des gens qui n’ont pas le sésame du diplôme.
    3- le point sur les stages, CDD, etc… : Faîtes un tour chez L’Oreal, BNP, KPMG ou LVMH et vous verrez les dizaines de stagiaires qui remplissent des salles entières… Ce n’est pas du tout spécifique aux startups, bien au contraire, si elles grandissent, elles peuvent embaucher les stagiaires…

  • Cotcot dit :

    Ahah, une belle succession de tir à boulet rouge sur tout et son contraire… 😉
    Pas mal de parallèles hasardeux aussi.
    Le genre de papier défouloir qui fait du bien à écrire j’imagine.

    Bref un pur produit d’une autoproclamée élite de l’esprit critique, éditorialiste, pamphletiste, ou polémiste et qui envahit l’espace médiatique.

    Au fond, la version assez actuelle d’une bonne vieille technique de forum pour faire parler de soi: le troll! (ou comment critiquer tout le monde en espérant susciter de l’indignation et au passage de la notoriété).

    Biz!

  • EvaWizz dit :

    J’ai bien aimé cet article parce que c’est vrai que c’est un peu débile tout ce truc autour des entrepreneurs qui vont sauver la France. Comment pourrait-on sauver quoi que soit si on ne repense pas/reconstruit les fondements même de la société ? Ce serait bien de voir le même enthousiasme avec des entreprises qui ont du sens, qui font des trucs vraiment utiles… ce qui voudrait dire interroger la notion même de travail qui ne devrait plus être « que » faire du fric pour survivre ou juste pour en faire plus.

    Il y a une équipe qui détourne ce genre d’incubateur justement pour aider les porteurs de projets alternatifs. Formation Etika Mondo. Très très intéressant. Un peu bazar forcément mais j’ai trouvé énormément de ressources là-dedans.

    N’ayant fait ni école de commerce et n’ayant pas de réseau dans le business, j’ai décidé de démarrer avec l’entrepreneuriat à l’étranger pour fuir la négativité française ambiante. Et là, surprise ! Créer une société prend 24h, et après deux petites années de galère « normale », sans encore parler la langue de mon pays d’accueil, on se retrouve invité à une délégation ministérielle sur les CleanTech en Californie, voyage à l’issue duquel nous signons un contrat avec une grosse boîte de la Silicon Valley. Imaginez la même chose en France : une boîte de gestion de déchets d’uranium du Limousin invitée à voyager avec Areva, côte à côte avec des ministres, sans une seconde de networking, avec une équipe munie de 0 diplômes.

  • Loïc dit :

    Qu’il est dommage de voir un sujet aussi important traité avec aussi peu de rigueur… D’abord, le populisme avec un premier paragraphe d’accroche si faible qu’il peut se résumer à : « on est meilleurs parce qu’on n’écrit pas ce que vous lisez dans le 20 minutes mais on ne vous explique pas non plus pourquoi notre position est fondée ». Ensuite, les amalgames assumés : « Les injustices sont nombreuses, on sait bien que les levées de fonds n’y sont pour rien, mais cela nous révolte quand même, quand on fait le parallèle ». Justement, les deux sujets n’ont aucun rapport direct donc le parallèle est impossible. Le défaitisme sous-jacent : certes, la croissance du nombre d’indépendants pose des problèmes de précarité mais c’est peut être le moment de penser à des mécanismes de protection pour ces mêmes indépendants dont je suis. Je vous invite à lire le très bon papier de Nicolas Colin sur le sujet qui a le mérite de proposer des pistes. Oh wait… Il a créé The Family donc il n’a pas le droit d’avoir de bonnes idées. Enfin, l’élitisme de l’entrepreneuriat reste à prouver : être doté d’un bon réseau est naturellement un atout mais regardez le top 10 des entrepreneurs français et vous serez déçus de leurs études. Les écoles de commerce en sont tellement conscientes qu’elles tentent à tout prix de permettre d’autres débouchés que les cabinets de conseils et d’audit habituels. Petit bonus au sujet des levées de fonds : si vous connaissez un fond disposé à investir 500k dans une entreprise qui n’a ni business model ni promesse de marché faites moi signe s’il vous plaît. Pour conclure, je suis profondément déçu que ce papier, qui aurait pu être l’occasion de suggérer des pistes pour accompagner cet entrepreneuriat qui construira le monde de demain, se contente de répondre aux raccourcis de la presse généraliste mal informée par d’autres raccourcis d’une autre nature.

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