« Prendre en compte le bien-être de ses salariés rejoint les intérêts économiques de l’entreprise » Anne-Charlotte Vuccino, fondatrice de Yogist – Bien au Bureau

"Prendre en compte le bien-être de ses salariés rejoint les intérêts économiques de l'entreprise" Anne-Charlotte Vuccino, fondatrice de Yogist - Bien au Bureau
"Prendre en compte le bien-être de ses salariés rejoint les intérêts économiques de l'entreprise" Anne-Charlotte Vuccino, fondatrice de Yogist - Bien au Bureau

Le Yoga est devenu hyper-tendance depuis quelques temps, au même titre que la méditation ou manger sans gluten, il serait la clé d’une vie équilibrée, harmonieuse et épanouie… A tel point qu’aujourd’hui les entreprises proposent même des sessions à leurs salariés hyper-stressés, surbookés et souffrant de troubles musculo-squelettiques. C’est sur ce créneau qu’Anne-Charlotte Vuccino a lancé Yogist – Bien au Bureau, il y a 6 mois.

Anne-Charlotte Vuccino

Après des études à HEC et une carrière de 6 ans dans le conseil en stratégies de communication corporate et en direction de projets Web, Anne-Charlotte, passionnée de yoga depuis 7 ans a fait le saut de l’entrepreneuriat en mars dernier. Lors de son dernier poste de Directrice de projets chez Webedia, elle raconte « même si j’adorais la boite, la mission ne correspondait pas à ce que j’attendais. Je devais diriger des gens qui connaissaient le métier beaucoup mieux que moi« . Elle se dit que « ce job qui a tout pour plaire, ne me correspond pas« , ajoutant poétiquement « mon cœur ne chantait pas pour ce job quand je me levais le matin« . Son Directeur Général l’incite alors à réfléchir à ce qu’elle a vraiment envie de faire et à ne pas se sentir coupable de partir si c’est ce qu’elle pense meilleur pour elle. Alors que jusque là elle n’avait jamais envisagé de créer son entreprise, elle imagine lancer une plateforme web dans le bien-être. Nous sommes fin janvier 2015. Anne-Charlotte reste à son poste jusqu’à la fin du projet dirige et décide de se lancer à la fin du mois de mars. Son ex-patron l’encourage et la conseille. Car entre-temps elle a abandonné l’idée de cette plateforme tech pour concilier son expérience professionnelle avec sa passion du yoga. Elle a une idée en tête : faire entrer le yoga dans les entreprises.

Mon cœur ne chantait pas pour ce job quand je me levais le matin

Le Yoga, Anne-Charlotte l’a découvert quelques années plus tôt après un accident au Bénin lors d’une mission humanitaire au cours de laquelle un gendarme à moto l’a renversée. S’enchaine alors un cauchemar médical, avec 8 opérations du genou, 6 mois d’hospitalisation, 2 ans de rééducation et l’impossibilité de marcher plus de 5 minutes. Une collègue et amie l’invite à rejoindre un petit groupe de passionnés qu’elle initie au yoga. Au début Anne-Charlotte n’y croit pas vraiment – c’est douloureux ! – et fait tout pour éviter les cours. Mais c’est sans compter sur l’insistance de son professeur qui ne la laisse pas paresser et, au bout de 6 mois de pratique elle devient accro. Elle essaie alors tous les cours de Paris et part même en Thaïlande, à Goa et à Bali pour en apprendre toujours plus. Au bout de 4 ans elle a envie de « transmettre ce que le yoga lui a apporté » en proposant de faire découvrir ses bienfaits à ses amis. Elle commence par proposer un cours « dans un atelier de cuisine d’un de mes amis d’HEC » explique t-elle. A l’époque Anne-Charlotte, qui est aussi passée par Hypokhâgne, Khâgne et des études de philosophie, se révèle en « transmettant et enseignant » à ses amis.

Je voulais transmettre à mes amis ce que le yoga m’avait apporté

A l’époque, Anne-Charlotte n’envisage pas du tout de devenir entrepreneure : « jamais je n’aurais osé lancer une boite ! » . Et pourtant, lorsqu’elle quitte Webedia et parle de son idée de faire entrer le yoga en entreprise autour d’elle, c’est le déclic : deux jours plus tard, grâce au bouche-à-oreille, la responsable sécurité et santé d’une grande entreprise l’appelle et lui propose « d’animer 5 ateliers de découverte du yoga pour 100 personnes » .Si, entre-temps, Anne-Charlotte est partie 2 mois en Inde pour obtenir son diplôme de professeur de yoga, elle n’a pas encore de structure juridique, ni de logo etc… Qu’à cela ne tienne, elle accepte et anime cette journée-découverte avec une amie professeur de yoga. C’est un succès qui lui confirme qu’il y a un marché et qu’elle a trouvé sa voie. C’est aussi à ce moment qu’elle comprend que, pour devenir une véritable entreprise, ce n’est pas elle qui doit assurer tous les cours en entreprise, mais qu’elle doit s’entourer d’une équipe de praticiens qui assureront les prestations pendant qu’elle se concentre sur ses points forts « trouver de nouveaux clients, nouer des relations, le marketing ». Pour développer son entreprise, elle travaille avec une équipe de 7 professeurs de yoga très expérimentés en qui « j’ai toute confiance » ajoute-t’elle.

Jamais je n’aurais osé lancer ma boite

Depuis, les contrats s’enchainent, par le bouche à oreille et le réseau, mais surtout grâce à la volonté des entreprises d’améliorer le bien-être au travail des salariés. « Alors qu’il y a quelques années, la priorité était le développement durable, c’est le bien-être au travail qui préoccupe le plus aujourd’hui » explique Anne-Charlotte,  qui a une vraie expérience du monde de l’entreprise. Elle a ainsi développé une véritable méthode d’enseignement adaptée à la vie de bureau : « pas besoin de se changer ni de matériel »  . L’idée est de « soulager le stress et les douleurs en assouplissant chaque partie du corps qui souffre de la posture assise prolongée. » . « Ma méthode ré-énergise les salariés qui peuvent retourner travailler en se sentant mieux » ajoute t-elle. C’est son parcours en entreprise qui lui a justement permis de remarquer que les salariés travaillent le plus souvent courbés sur leur ordinateur, sur des chaises et devant des bureaux peu ergonomiques. « Je peux aujourd’hui donner des conseils en qualité de vie au travail et transmettre ce qui fait du bien« . Un projet qui n’en est qu’à ses débuts mais qui est en train de se « structurer et de se professionnaliser« , pour faire entrer le Yoga Corporate dans toutes les entreprises qui font de la santé de leurs salariés une priorité.

Je peux aujourd’hui donner des conseils en qualité de vie au travail et leur apprendre ce qui fait du bien