« L’identité d’une marque se crée dans la pérennité, il n’y a que Google qui change son logo tous les jours » Delphine Dauge, directrice de Brandimage

"L'identité d'une marque se crée dans la pérennité, il n'y a que Google qui change son logo tous les jours" Delphine Dauge, directrice de Brandimage
"L'identité d'une marque se crée dans la pérennité, il n'y a que Google qui change son logo tous les jours" Delphine Dauge, directrice de Brandimage

L’identité de marque est plus que jamais au cœur des stratégies de développement des entreprises, elle est devenue un enjeu capital pour capter un client de plus en plus sollicité. « Les marques doivent aujourd’hui créer une image qui sera un repère à travers le temps pour les consommateurs » indique Delphine Dauge, directrice de Brandimage, une agence de design qui révèle la personnalité des marques en associant plusieurs métiers, de l’identité visuelle au digital design, en passant par le packaging, le design produit, l’architecture et la shopping experience.

Delphine-Dauge

Brandimage accompagne les marques pour créer de beaux projets qui traverseront le temps « l’identité se crée dans la pérennité, il n’y a que Google qui change son logo tous les jours« , même si le symbole, la typo et les codes couleurs restent les mêmes car « le design participe à la légende la marque« . L’agence a été créée en 1971 par Joël Desgrippes et s’est fait une réputation dans le luxe et les parfums « il a su s’entourer de talents dans cet univers« , notamment Alain Doré, actuel directeur de la création. Delphine Dauge a rejoint Brandimage il y a 5 ans.

L’identité se crée dans la pérennité, il n’y a que Google qui change son logo tous les jours

Exemple d’un beau projet récent, la marque HOP!, nouvelle compagnie régionale de Air France, pour laquelle l’enjeu était de créer une marque « value cost » : statutaire, simple et qui place le client au cœur des actions. HOP! évoque une marque de dialogue, de rapprochement et se démarque des codes traditionnels par un nom rupturiste en résonance avec son positionnement et son époque. Le point d’exclamation affirme le côté malin et agile de la marque. L’écriture franche et contemporaine traduit l’esprit d’efficacité et de simplicité de la compagnie. Le rouge coquelicot, couleur dynamique et signalétique, affirme force, passion, engagement et caractère, en accord avec l’audace de son nom. Un projet qui s’est fait en collaboration avec les équipes internes de la marque sur plusieurs mois « notre travail est collaboratif, c’est un échange avec le client, c’est notre façon de lancer une marque sur la durée« . Pour HOP! « nous avons travaillé sur une expression qui existait déjà, qui est facile à retenir« . L’objectif étant que le nom et l’identité soient facilement reconnaissables par les utilisateurs.

« Pour retenir une marque, elle doit avoir trois points essentiels : un symbole, une couleur, une typo« . Plus elle sera simple et plus elle sera puissante. « On assiste aujourd’hui à une démarche de simplicité » dans le quotidien avec de nouveaux usages qui aident les consommateurs à aller à l’essentiel. Tout doit être plus simple, plus rapide, « on est dans une culture de l’information immédiate, de l’instantanéité » et « les marques doivent suivre cette tendance« . « Tout doit être simplifié pour se faire comprendre » de ses clients. Cette recherche de simplicité s’accélère depuis longtemps, « on personnalise les relations avec les clients grâce à la data par exemple, avec la contextualisation sur les sites ecommerce« , les produits sont proposés selon ses centres d’intérêt et « le consommateur s’attend à avoir la même efficacité partout« . « Les nouvelles générations vivent avec cette contextualisation » et ne sont pas choquées qu’on ne leur propose que ce qui les intéresse, elles savent que si elles veulent autre chose, c’est à elles d’aller les chercher. « Les jeunes font le tri eux-mêmes dans l’offre qui leur est proposée« .

Pour retenir une marque, elle doit avoir trois points essentiels : un symbole, une couleur, une typo

« Avant les marques nous disaient quelque chose, aujourd’hui c’est le consommateur qui donne son avis sur la marque« , et allant plus loin « les marques n’ont plus le contrôle total de leur image« . Pour autant elles ne doivent pas avoir peur de ces nouveaux codes, « elles doivent prendre en compte les avis, les remarques qui sont partagées sur les réseaux sociaux« . « Les grandes marques arrivent aussi bien à gérer les retours positifs que négatifs et l’intègrent même dans leur stratégie d’identité de marque« . Ces nouveaux usages font parti du système et ne pénalisent plus la marque en elle-même. Il y a toujours périodiquement des crises de confiance, mais l’impact est moindre « les entreprises communiquent dessus et montrent des preuves de leur bonne foi aux consommateurs« , dans un souci d’immédiateté une nouvelle fois.

Nouvelle ère du temps, aujourd’hui « les clients s’approprient les marques et entretiennent avec elles des relations très personnelles« . Certains deviennent même des prescripteurs, comme il y a eu les bloggeurs et récemment les youtubeurs. De cette tendance, « les marques doivent apprendre à travailler leur viralité qui est une nouvelle forme de communication dans un monde où les réseaux sociaux rendent publiques les informations en un temps record« . Devant tant d’immédiateté, c’est d’ailleurs peut-être dans « la culture du secret » que les marques pourront imposer leur différence prochainement…

Les clients s’approprient les marques et entretiennent avec elles des relations très personnelles