« Un entrepreneur arrivant à l’étranger a besoin de repères et de conseils sur le marché local » Vincent Deruelle et Benoit Buridant – FrenchFounders

"Un entrepreneur arrivant à l’étranger a besoin de repères et de conseils sur le marché local" Vincent Deruelle et Benoit Buridant - FrenchFounders
"Un entrepreneur arrivant à l’étranger a besoin de repères et de conseils sur le marché local" Vincent Deruelle et Benoit Buridant - FrenchFounders

Créé en 2014 à New-York par Benoit Buridant et Vincent Deruelle, FrenchFounders est un réseau professionnel de dirigeants et d’entrepreneurs francophones à l’étranger. En un an, il a fédéré un millier de patrons tricolores sur les 5 continents. Comptant notamment Augustin Paluel Marmont (Michel & Augustin), ou encore Frédéric Raillard (Fred & Farid Group) dans son scope, la jeune start-up propose aux expatriés un accompagnement humain (parrainages, évènements thématiques, mises en relation…) mais aussi numérique, grâce à une plateforme interactive : https://www.frenchfounders.com/. Cette communauté est  aussi rassemblée physiquement à l’occasion des nombreux évènements thématiques organisés tout au long de l’année (dîners privés de CEO, rencontres start-up to start-up, sessions de pitch devant les investisseurs locaux …). La vocation première de FrenchFounders est de permettre à ses membres de voir leur entreprise grandir, et ainsi permettre aux talents, idées et savoir-faire hexagonaux de rayonner à l’international.

Benoit Buridant et Vincent Deruelle nous en disent plus :

Benoit Buridant Vincent Deruelle

Quelle était l’idée de départ lorsque vous avez créé FrenchFounders ? Comment le projet a t-il évolué en un an ?

Elle est née de 3 constats faits quand je voyageais aux US : un changement de mentalité dans la communauté business francophone, plus entrepreneuriale, plus aguerrie aux échanges business, plus ouverte au networking sélectif, un manque de ressources permettant de connecter ces business leaders influents, et enfin un manque de pertinence de LinkedIn, car pas de forum d’échange axé business, pas de communauté internationale francophone.

En 20 mois, depuis sa création, nous avons plus de 1200 membres :

– 800 membres en Amérique du Nord
– 250 membres en Europe et en Afrique
– 150 membres en Asie et Amérique du Sud

Quel est votre fonctionnement ? Quels sont vos objectifs ? Qui se cache derrière ?

Il s’agit d’une communauté business réservée aux CEOs et fondateurs, avec pour mission de favoriser les échanges et retours d’expérience entre ses membres.

Notre objectif sur le moyen terme est de continuer à établir FrenchFounders comme la première communauté business premium au monde. Et sur le court terme, nous voulons renforcer notre réseau en Asie et Amérique du Sud.

Nous sommes une équipe de 12 employés à temps plein, répartis à New York, San Francisco et Marseille et nous avons 9 ambassadeurs (Shanghaï, Londres, Sao Paulo, Montréal, etc.) sur lesquels nous pouvons nous appuyer pour animer la communauté sur place.

Qu’apportez-vous à vos membres ?

Le bon contact au bon moment ! Une fois leur besoin business identifié nous mettons nos membres en relation. La mise en place de notre algorithme va encore plus accélérer l’identification d’opportunités et faire gagner du temps à nos membres.

Faire partie de FrenchFounders, c’est aussi participer à des évènements qualitatifs – en décembre, nous avions par exemple un diner privé à Shanghai avec le PDG de la Société Générale et son comité exécutif; la semaine d’avant le COO de Blablacar, lui-même membre, était à Miami pour partager son expérience; et en novembre nous tenions une conférence à NY sur le futur du retail avec l’arrivée des technologies immersive 3D où 150 personnes étaient présentes.

Enfin nous offrons aussi des avantages business grâce à nos partenaires Air France, Deloitte, OVH ou les grandes chaines d’hôtels.

Notre promesse aux membres : du Business sur mesure. FrenchFounders leur permet de s’appuyer sur une communauté pertinente et performante.

Comment expliquez-vous votre succès rapide ?

Je pense que je l’explique du fait qu’un entrepreneur ou dirigeant d’entreprise arrivant à l’étranger a besoin de repères et de conseils sur le marché local. Comme évoqué précédemment il y a un manque de ressources aujourd’hui permettant de connecter des business leaders influents. FrenchFounders est une communauté « accélérateur d’affaires ».

Un entrepreneur ou dirigeant d’entreprise arrivant à l’étranger a besoin de repères et de conseils sur le marché local

Comment avez-vous sélectionné vos 1000 membres ?

Les critères de sélection pour devenir membre FrenchFounders sont stricts : être un CEO, Founder ou Top-executif, être à la tête d’une entreprise de + de $10M de CA ou $1M de fonds levés et s’être fait parrainer par 2 membres FrenchFounders.

Ce genre de réseau francophone est il un réel plus pour se développer à l’international quand on est entrepreneur ? Par rapport aux réseaux locaux ?

Au sein de la communauté francophone, l’entraide est très forte. FrenchFounders permet aux entrepreneurs et dirigeants d’entreprise francophones d’être mis en relation et de développer un business sur place beaucoup plus rapidement. Par exemple une entreprise française qui veut se développer aux États-Unis peut gagner un temps précieux si, sur place, d’autres ayant connu la même expérience peuvent la conseiller sur son business plan, la présenter à des investisseurs…

Quel est vote business model ?

Nous avons deux types de revenus : le membership annuel et des partenariats (Air France, OVH, Deloitte etc.)

Avez-vous une ou deux belles histoires à nous raconter qui ont éclot grâce à Frenchfounders ?

Bien sûr ! Je pense à deux membres de la communauté. David Foult qui a co-fondé TryTheWorld en 2014 : une offre de box contenant une sélection de produits gastronomiques d’un pays du monde. C’est notamment grâce aux rencontres permises par FrenchFounders que la start-up a pu lever plus de 2 millions de dollars en septembre dernier, via Alven Capital. Ou encore Arnaud Roy, VP d’Augure (solution cloud d’influencer marketing) qui a levé 15 millions d’euros en mars dernier, a fait appel aux différents partenaires FrenchFounders pour l’ouverture de son bureau à New York : visa, ressources humaines et business development.

Quels sont vos projets ? Notamment sur la France ?

Nous avons plein de nouveaux projets ! L’ouverture d’un bureau à Londres, continuer l’expansion en Asie et en Amérique Latine ; construire des partenariats avec les gros acteurs de l’écosystème business francophone ; le développement du cercle des partenaires « locaux » i.e. VCs américains, leaders technologiques (Apple, Google, Samsung), etc.

Quel regard portez-vous sur la vague d’entrepreneuriat en France ?

Tout d’abord, il y a un vivier de talents – qu’ils soient techniques, commerciaux, ou académiques – avec des compétences reconnues et recherchées mondialement. Par exemple, les entrepreneurs français sont à la pointe de domaines aussi variés que la FinTech, les Médias ou le Retail où la compétition fait rage.

Il y a aussi plus de soutiens publics (BPI, la French Tech) et privés (lancement du fond pour Startups de Microsoft) qui se sont mis en place récemment pour favoriser l’entrepreneuriat en France – ce qui n’était pas le cas il y a quelques années encore.

Et pour finir j’ajouterais plus d’engouement du grand public, avec quelques très belles histoires comme BlaBlaCar ou Critéo.

Les entrepreneurs français sont à la pointe de domaines aussi variés que la FinTech, les Médias ou le Retail où la compétition fait rage

Selon vous, pourquoi les entreprises françaises ont du mal à grandir ? En dehors du classique Réglementation/charges sociales/fiscalité ?

Je dirais les débouchés de marché en France et en Europe – petits ou morcelés – ce qui poussent certaines entreprises à s’attaquer aux plus gros comme les USA, la Chine, ou les pays d’Asie du Sud-Est.

Quel est votre avis sur les appels au retour des entrepreneurs expatriés qui ont fleuri ces derniers mois en France ?

Ces appels sont justifiés du fait du succès grandissant de certains acteurs nationaux qui se retrouvent par fois à court de ressources sur le territoire national – Blablacar en est un bon exemple. Et c’est aussi la preuve de la compétitivité de nos talents, maintenant riches d’une expérience internationale.

Les USA sont-ils un passage obligé pour une startup française aujourd’hui ?

New York est une ville très dynamique dans le monde de l’entrepreneuriat. Les capitaux sont conséquents avec la présence de Wall Street, et de plus en plus accessibles avec de nombreux fonds d’investissement qui démarrent ici et non plus uniquement dans la Silicon Valley. La municipalité a fait énormément pour promouvoir l’entrepreneuriat sous Bloomberg, et c’est un mouvement de fond qui continue avec le nouveau maire avec la mise à disposition de capitaux et de ressources, le lancement de pôles technologiques, et des partenariats avec les grands acteurs du secteur – Google, Facebook, etc…


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