« L’industrie n’est pas antinomique de la start-up, mais pour cela elle doit être prête à bouger, être réactive, accepter de se remettre en question et de prendre des risques » Armand Stemmer, fondateur de Lyra

"L’industrie n’est pas antinomique de la start-up, mais pour cela elle doit être prête à bouger, être réactive, accepter de se remettre en question et de prendre des risques" Armand Stemmer, fondateur de Lyra
"L’industrie n’est pas antinomique de la start-up, mais pour cela elle doit être prête à bouger, être réactive, accepter de se remettre en question et de prendre des risques" Armand Stemmer, fondateur de Lyra

On dit souvent que l’industrie et les startups sont deux mondes que tout oppose. D’un côté la vieille économie qui rappelle la fabrication de moteurs et d’outils et de l’autre la nouvelle économie qui s’attache avant tout à l’expérience client. Pourtant l’un ne va pas sans l’autre. La technologie a besoin de l’industrie pour créer de nouvelles fonctionnalités, tout comme l’industrie a besoin des technologies pour se réinventer. C’est sur ce principe qu’Armand Stemmer, chirurgien-dentiste de formation et PDG de GACD, une entreprise leader sur le marché dentaire de la vente par correspondance de consommables avec plus de 20 000 références a fait le choix de créer Lyra en 2013, une startup qui fait entrer le numérique dans les cabinets dentaires.

Armand Stemmer, nous en dit plus :

Armand Stemmer

Qu’est-ce que Lyra ?

Armand Stemmer, le PDG du groupe GACD (leader sur le marché dentaire de la vente par correspondance de consommables avec plus de 20 000 références) a choisi de créer la start-up LYRA, filiale du groupe GACD en 2013.

La mission de Lyra est d’être un intégrateur de solutions numériques pour les cabinets dentaires et les laboratoires de Prothèses dentaires. La chaine numérique peut se décomposer de la manière suivante :

Différents équipements entrent dans la chaîne numérique dentaire :

    • la caméra intra-buccale permet de réaliser une empreinte numérique des dents à traiter.
    • les logiciels de CFAO permettent de designer l’élément prothétique (comme on retoucherait une photo sur Photoshop) et de définir le programme de fabrication
    • la machine Lyra Mill permet d’usiner des éléments prothétiques dans le cabinet ou au laboratoire.
    • Celle-ci est placée dans un four pour durcir. Un petit maquillage pourra être réalisé si cela est nécessaire.

Comment avez-vous démarré ?

Nous voulions investir le marché français du dentaire complètement dénumérisé et attaquer les marchés étrangers leader en la matière, afin de devenir le premier groupe leader des technologies numériques en dentisterie.

Nous voulions aussi permettre au patient de bénéficier de soins de meilleure qualité pour un coût constant.

Avec les évolutions du marché et le passage pour de nombreux secteurs à la révolution 3.0 celle dite de « l’internet des objets », Armand Stemmer chirurgien-dentiste de formation, a étudié le marché dentaire et il s’est avéré que la France était en perte de vitesse dans la compétition numérique dentaire au niveau mondial. A cause de l’émergence de la CFAO dans les cabinets, la maturité des caméras, l’absence de technologie propre à la France, mais aussi d’un marché de la prothèse dentaire en souffrance avec pas ou peu d’investissement dans les petits cabinets. Seulement 3% des dentistes sont équipés de la CFAO. Sans oublier une concurrence importante des grands importateurs asiatiques.

La France était en perte de vitesse dans la compétition numérique dentaire au niveau mondial

Combien avez-vous d’employés, quelle est votre croissance ces dernières années ?

La filiale LYRA fait partie du groupe GACD dont le chiffre d’affaire s’élève à plus de 170 millions pour 500 personnes employées dans le monde.

LYRA promet une croissance fulgurante avec déjà 130 personnes employées et le recrutement de 12 nouvelles personnes dans les prochains mois.

La Technologie est présente dans plus de 120 cabinets dentaires et dans une demi-douzaine d’hôpitaux de l’Hexagone. Elle fait maintenant partie des modules d’enseignements (sous forme de formation) dans les DU d’implantologie de certaines universités.

Elle se développe également en Europe (Espagne, Italie, Suisse, Allemagne, Autriche, Belgique, UK…)  et à l’international (Dubaï et États-Unis avec la certification FDA)

Quel type d’entrepreneur êtes-vous ?

Un entrepreneur familial, pragmatique et passionné par les évolutions technologiques et l’innovation.

Quelle est votre définition de la réussite entrepreneuriale ?

La réussite entrepreneuriale est de partir d’un constat, d’une situation de départ établie, d’avoir une nouvelle idée innovante pour faire bouger les lignes, la mettre en place, l’appliquer et qu’elle devienne la référence. Tout cela avec des femmes et des hommes engagés et passionnés. C’est avant tout une aventure humaine.

Quelles sont les valeurs portées par votre entreprise ?

Le respect des hommes, l’innovation, la curiosité, la créativité. Rien n’est jamais impossible. Nous trouvons toujours la solution qui convient à une situation donnée.

Rien n’est jamais impossible. Nous trouvons toujours la solution qui convient à une situation donnée

Quelle place occupe l’innovation aujourd’hui dans votre entreprise ?

La place principale. Notre projet part d’une innovation. Nous avons depuis déposé plus de 30 brevets. La société LYRA en constante recherche d’innovation développe actuellement une offre sourire, attaque le marché de l’orthodontie et ambitionne de mettre en place un système de fourniture complet (de la fourniture de la Technologie à la fourniture de l’infrastructure réseau).

L’industrie n’est pas aujourd’hui devenue le parent pauvre du panorama économique français face aux startups, à la nouvelle économie ?

Au contraire, nous pensons que l’industrie n’est pas antinomique de la start-up. Notre start-up a démarré grâce à des partenariats forts avec des industriels ! Il y a une vraie complémentarité et un enrichissement mutuel. Nous avons présenté notre idée innovante dans un cahier des charges, sélectionnés les partenaires, ils ont apporté leur expérience, leur savoir-faire et nous ont aidé même à améliorer la solution. Mais pour cela l’industrie doit être prête à bouger, être réactive, accepter de se remettre en question et de prendre des risques (mesurés).

L’industrie doit être prête à bouger, être réactive, accepter de se remettre en question et de prendre des risques

Quel regard portez-vous sur les mutations sociétales actuelles qui affirment que le salariat est mort, remplacé par des travailleurs à la demande ?

Nous ne sommes pas d’accord. Nous pensons que la future « Société » sera mixte avec des salariés et des travailleurs à la demande. Chacun pourra y trouver son compte en fonction de son mode de vie, de ses priorités et de ses préférences. Le travailleur doit être « épanoui » pour être efficace. Son « équilibre » doit être recherché par son employeur.

Verra t-on encore des entreprises en France avoir plus de 100 salariés en CDI ou ce n’est plus possible ?

Nous pensons que c’est tout à fait possible. Nous le démontrons avec la nôtre et bien d’autres encore le démontrent, bien heureusement.

Quels conseils donneriez-vous à de jeunes entrepreneurs qui veulent faire grandir leur entreprise et durer ?

Ils doivent innover en permanence. Faire bouger les solutions technologiques mais également les processus, les méthodes de travail. Ne jamais baisser les bras ni se décourager. Car étant en première ligne de ces changements ils rencontreront une majorité de détracteurs et de sceptiques qui ne peuvent pas comprendre l’entrepreneuriat, qui ne pensent pas de la même manière et dont les fondamentaux sont « pas de prise de risque, pas de changements, le statu quo…. ». Face à cela, il faut persévérer pour percer et changer les positions établies.

Il faut persévérer pour percer et changer les positions établies

Quels sont vos projets ?

Faire de Lyra un leader reconnu et en constante innovation.