« Entreprendre n’est pas attendre d’avoir l’idée du siècle » Sophie Serizier – VIAPro Istanbul

"Entreprendre n’est pas attendre d’avoir l’idée du siècle" Sophie Serizier - VIAPro Istanbul
"Entreprendre n’est pas attendre d’avoir l’idée du siècle" Sophie Serizier - VIAPro Istanbul

Un conjoint muté à l’étranger, quelques années d’expatriation à découvrir un nouveau mode de vie et un nouveau pays, une vie professionnelle mise en stand by par choix et/ou contrainte, il n’en faut pas plus aux conjoint(e)s d’expats pour se lancer dans l’entrepreneuriat. Nombreux sont celles et ceux qui ont ainsi lancé leur activité, souvent basée sur leur expérience passée de salarié(e) en France, ou leur identification d’un besoin dans leur pays d »adoption. Internet et le travail à distance étant passés par là, il « suffit » aujourd’hui de créer son site, une offre, travailler son réseau et se lancer rapidement sans avoir à revenir en France trop souvent.

C’est ce que Sophie Serizier a fait en créant VIAPro Istanbul en 2015 après plusieurs années passés en Turquie. VIAPro Istanbul est née de son parcours personnel lorsqu’elle a voulu lancé son activité. Aujourd’hui elle accompagne les expatriés dans leur démarches de création d’entreprise et d’implantation dans le pays.

Sophie Serizier

Crédits photo Noémie Deveaux

Qui êtes-vous ? Que faites-vous ?

Je suis Sophie SERIZIER, j’ai 36 ans et je vis en Turquie depuis 6 ans. En 2015, j’ai fondé VIAPro, structure d’accompagnement au développement professionnel à Istanbul.

Qu’est ce qui vous a incité à vous installer en Turquie ?

J’ai choisi de m’installer en Turquie pour vivre une nouvelle aventure familiale et professionnelle. J’étais installée en France dans une routine agréable et  confortable mais, avec mon mari, nous avions envie de découvertes et de nouveaux challenges. L’opportunité de partir à Istanbul a été le déclic ! Nous connaissions peu cette ville en dehors des images d’Epinal et des brochures touristiques. On a tenté le coup ! Très rapidement, on s’est laissé prendre par son dynamisme et sa multitude d’opportunités. Nous avions prévu de rester 2 ans, nous ne sommes pas repartis.

Nous avions prévu de rester 2 ans à Istanbul, nous ne sommes pas repartis

Qu’est ce qui vous a surpris le plus en arrivant ?

J’ai été très surprise par la différence entre la représentation que j’avais de ce pays avant notre arrivée et la réalité de ce que je vis ici. Istanbul est une ville accueillante, ouverte, moderne et très stimulante. Je me suis sentie rapidement en sécurité et intégrée dans la spirale dynamique qu’offre cette ville. Je ne nie pas ici les difficultés et les problématiques qui sont exprimées dans les médias, mais notre réalité est bien différente au quotidien. Istanbul est passionnante et inspirante. L’énergie entêtante de cette ville m’a ouvert le champ des possibles. Ce que je n’aurais pas imaginé en France. Cette énergie m’a stimulée, m’a faite avancer et passer les obstacles avec optimisme.

L’énergie entêtante de cette ville m’a ouvert le champ des possibles

Comment vous adaptez-vous au pays, à la culture ?

Même si la différence culturelle existe, nous ne sommes pas non plus à des années lumières ! Personnellement, la rencontre culturelle fût une source d’enrichissement ponctuée de situations parfois comiques… Je m’adapte plutôt bien à mon «  nouvel » environnement : je mange mon riz avec du yaourt et du fromage au petit déjeuner, dis « non » avec mes sourcils, fais de gros efforts pour parler turc ou bois des litres de thé au gré de mes rencontres.  J’apprécie la découverte et évolue aussi dans mes références. D’autres façons d’être et de faire existent et cela marche aussi très bien ! Cela me permet de réinterroger certaines convictions 😉  Je mesure tout de même quelques points de réserve, notamment sur le rôle et la place des femmes dans la société.

Pourquoi avoir fait le choix de créer votre entreprise ?

Un concours de circonstances incroyable m’a amené en 2011 à devenir présidente d’une association accueil pour francophones à Istanbul. Une opportunité saisie plutôt qu’une volonté personnelle, cette expérience m’aura permis de découvrir une organisation, de rencontrer des centaines de gens et de vivre des moments incroyables. J’ai finalement occupé cette fonction  3 ans, me créant un réseau important à Istanbul.

Au bout de 3 années, puisque nous avions décidé de rester à Istanbul, s’est posée la question de mon devenir pro. Les conditions légales étant assez contraignantes, l’entrepreneuriat m’a semblé très rapidement être la meilleure alternative. J’ai profité de cette installation à l’étranger pour réfléchir à ce que je voulais vraiment. Mon devenir professionnel allait maintenant se jouer ici.

Mais alors, par où commencer? Barrière de la langue indéniable (malgré toute ma bonne volonté), cadre légal compliqué, pas de structure pour trouver les infos et finalement, pas mal de gens dans mon cas… Voilà LA bonne idée ! Forte de mon expérience et de mon réseau stambouliote, je décide de créer VIA Pro, un espace d’échanges et d’accompagnement au développement professionnel à Istanbul.

VIA pro se développe aujourd’hui avec le soutien et l’apport d’autres francophones à Istanbul ayant à cœur de voir éclore une plateforme qui mettrait toutes ces préoccupations professionnelles en dynamique.

Au bout de quelques mois j’ai intégré l’espace de ko-working Kolektif House avec lequel je me suis associée depuis. Est né le centre de formation qui propose un programme annuel puis « la pépinière » pour accompagner les projets entrepreneuriaux. Nous proposons également un service d’accompagnement pour les managers francophones dans les entreprises.

Nous collaborons aujourd’hui avec Hackquarters, un incubateur de start-up pour l’organisation d’événements mettant en lien les entreprises françaises implantées à Istanbul et l’environnement des start-up locales.

J’ai profité de cette installation à l’étranger pour réfléchir à ce que je voulais vraiment

Comment l’avez-vous financée ? En vivez-vous aujourd’hui ?

Compte-tenu du coût limité de mon projet, j’ai pu financer VIA Pro personnellement. Après une année de fonctionnement, je couvre tous mes frais. J’ai atteint mon break even en 8 mois  et devrait dégager des bénéfices dès l’année prochaine.

Avez-vous des salariés ? Comment se passe les relations au travail ? Comment vous y êtes-vous adaptée ?

VIA Pro n’a pas de salarié. J’ai développé des collaborations locales avec des entrepreneurs francophones présents à Istanbul pour décupler mes services : Creators for Good http://www.creatorsforgood.com/fr/, Moz lalitteleajans http://www.moz-lalittleajans.com/, hackquarters http://hackquarters.co/, KolektifHouse
http://www.kolektifhouse.co/, canim istanbul  http://canimistanbul.com/,  coachs et professionnels de l’accompagnement certifiés… Les relations professionnelles reposent sur un échange gagnant/gagnant. Elles ne représentent donc pas de difficultés à mon niveau.

Auriez vous eu les mêmes chances en France ? Vous seriez-vous lancée en France ?

Je n’ai jamais pu évaluer les chances que j’aurais eu en France de me lancer dans un tel projet car je n’y ai jamais songé. J’étais dans un schéma classique de salariat, je n’ai jamais envisagé cette opportunité d’entreprendre. De par mon parcours,  je n’étais culturellement pas ouverte à cette éventualité de créer ma propre activité. C’est dommage. Il a fallu que je parte à l’étranger pour prendre en considération cette option. Je sais cependant que de nombreuses aides existent aujourd’hui en France. Des initiatives naissent pour encourager davantage l’entrepreneuriat. Il me semble aujourd’hui important de soutenir cette démarche et de permettre à chacun d’élargir son champ des possibles. L’initiative personnelle doit être davantage encouragée, notamment à l’école.

Il a fallu que je parte à l’étranger pour prendre en considération l’option d’entreprendre

Qu’est ce que cette expatriation vous a appris sur vous même ?

Vivre à l’étranger m’a redonné de l’espace dans mon parcours professionnel. Je n’avais pas beaucoup d’options. Celle d’entreprendre était la plus appropriée à ma situation. Les rencontres que j’ai pu faire ont été essentielles. Ce sont elles qui ont activées cette prise de conscience. Entreprendre n’est pas attendre d’avoir l’idée du siècle. D’en avoir une est déjà bien, la différence se fait dans la mise en œuvre. C’est ce qui m’a permis de me lancer. La Turquie est un pays d’entrepreneurs. C’est l’objectif de tous ici d’avoir son propre business. Culturellement cela m’a beaucoup encouragé et surtout montré que c’est possible et qu’on a le droit à l’erreur.

Entreprendre n’est pas attendre d’avoir l’idée du siècle

Est-ce que votre regard sur la France a changé depuis votre départ ?

Mon regard a changé sur ma capacité à devenir acteur de mon avenir. Cela me paraissait être un risque énorme en France. Ici tout le monde joue ce jeu là. Cela n’a rien d’exceptionnel. Au-delà de mon regard porté sur l’entrepreneuriat, c’est tout un modèle de références qui a évolué. Il me semble en France que le frein culturel est énorme. La peur de l’échec est bloquant même si le fait d’entreprendre est plus plébiscité aujourd’hui.

En France le frein culturel est énorme. La peur de l’échec est bloquant même si le fait d’entreprendre est plus plébiscité aujourd’hui

Quel est le dynamisme de la scène entrepreneuriale/startup/tech à Instanbul ? Êtes-vous impliquée ?

Comme je l’ai mentionné plus haut, la Turquie est un pays d’entrepreneurs, peu importe les couches sociales et la réussite ou non des projets engagés. Cela fait d’Istanbul une ville jeune, très dynamique et en évolution constante. L’écosystème est très stimulant et l’environnement Start-up est actuellement en pleine en effervescence. De nombreux espaces et incubateurs se créés et sont dédiés à l’accompagnement de ces nouveaux projets.

De nombreuses start-up se développement dans l’innovation, le développement d’application ou proposent des solutions innovantes pour les entreprises. Beaucoup d’ailleurs ont créé leur propre incubateur, les meilleures universités aussi d’ailleurs avec des partenariats avec de grands groupes.

Pour bien connaître le milieu Start-up à Istanbul, le mieux est de participer aux événements organisés régulièrement pour animer cette communauté comme le Startup Weekend organisé par UP Istanbul ou le Startup Istanbul prévu du 6 au 10 octobre cette année.

VIApro se rapproche du milieu Start-up stambouliote grâce à son partenariat avec Hackquarters. Pour nous l’idée est de pouvoir proposer des services supplémentaires et des solutions innovantes  aux entreprises françaises implantées à Istanbul en développant des ponts avec les start-up turques.

Istanbul est une ville jeune, très dynamique et en évolution constante

Votre espace de coworking attire plutôt des expats, des locaux, des travailleurs nomades ? Qu’y trouvent ils et que cherchent ils en venant ?

VIApro est hébergé depuis près d’un an par Kolektif House. Ils sont maintenant notre partenaire dans dans le cadre d’organisation d’événements et solution d’hébergement d’entreprises. KH est un espace de Co-Working très dynamique à Istanbul. Il attire de nombreux entrepreneurs indépendants et entreprises par la qualité de ses services, l’animation de sa communauté et la force de son réseau. Cette communauté est internationale mais composée de jeunes entrepreneurs turcs majoritairement. KH intervient dans la plupart des événements Start-up organisés à Istanbul et nouent des relations solides avec les grandes universités et entreprises locales. Kolektif House est bien implanté et attire de plus en plus de monde. En 1 année, ils ont ouvert 3 espaces de co-working incroyables !

Ressentez-vous les tensions au quotidien, liées aux attentats, aux réfugiés, aux tensions avec les pays limitrophes ?

Les tensions existantes en Turquie inquiètent et sont très spécifiques à ce pays qui connait un regain de violence depuis 2 ans. Je suis obligée de les prendre en considération dans mon développement pourtant je ne peux pas dire que je les ressens au quotidien. La vie ne s’arrête jamais, les gens continuent d’avancer. C’est peut-être pour ça aussi que rien ne semble changer vraiment. J’essaie de suivre l’actualité, de comprendre ce qui se passe autour de moi. Aux delà des tensions, je ressens surtout beaucoup de peine pour ces millions de réfugiés accueillis en Turquie. La plupart ont tout perdu et notre impuissance à agir au niveau européen me touche particulièrement.

D’un point de vue purement sécuritaire, je ne me sens pas particulièrement en danger à Istanbul. Pas plus qu’à Paris tout cas. J’observe également l’évolution de l’environnement économique qui est crucial pour mon projet. Moins d’entreprises françaises implantées à Istanbul reviendrait à moins de business pour moi. Mais les prévisions de croissance à 4% pour 2016 sont rassurantes pour l’économie du pays. Dans mon quotidien, cela n’a pas eu beaucoup d’effets sur mon environnement. Les affaires continuent de se faire et les entreprises sont toujours présentes. J’encourage vraiment les gens à venir à Istanbul pour découvrir une autre réalité que celle présentée par les médias.

J’encourage vraiment les gens à venir à Istanbul pour découvrir une autre réalité que celle présentée par les médias

Pensez-vous, comme on le dit en ce moment aujourd’hui en France qu’il y a trop d’entrepreneurs qui fuient la France pour monter leur business ailleurs ? Quel est votre avis ? Pourquoi ?

Je ne sais pas si trop d’entrepreneurs fuient la France. On parle du fort taux d’imposition et du manque d’esprit entrepreneurial, de prise de risque. C’est peut-être vrai mais j’ai l’impression que cela évolue. Les générations plus jeunes savent qu’elles ne peuvent plus tout attendre d’un employeur ou de l’État. L’entrepreneuriat devient alors une solution envisageable qu’il faut encourager. De nombreuses aides sont données en France à la création d’entreprise, ce n’est pas le cas à l’étranger ! Ce que je constate est plutôt une envie de prendre le large, d’entreprendre et d’innover pour s’enrichir de nouvelles expériences. Les gens que je rencontre sont plus dans cette perspective plutôt que dans celle de la fuite. Quelle force pour la France d’avoir autant de talents de par le monde. Je le vois plus de façon positive. Comme une mine d’or !

Les générations plus jeunes savent qu’elles ne peuvent plus tout attendre d’un employeur ou de l’État. L’entrepreneuriat devient alors une solution envisageable qu’il faut encourager

Un conseil pour un entrepreneur français qui souhaiterait lancer son entreprise à Istanbul ? Dans quel secteur faut il investir en ce moment ?

Le marché turc est au cœur des échanges internationaux entre l’Europe et l’Asie. Il continue de susciter la convoitise.

Comme le souligne Simay Soylu, directrice d’ERAI Turquie, « En 2015, nous avons constaté des investissements directs étrangers (IDE) en Turquie à hauteur de 16,5 milliards de dollars avec une augmentation de 32% par rapport à 2014. Parmi la liste des pays investisseurs en Turquie, nous retrouvons en tête l’Espagne et les États-Unis, suivi du Luxembourg, de l’Azerbaïdjan ou encore la Belgique ».

Les secteurs porteurs pour investir en 2016 sont ceux de l’automobile (1ere industrie du pays), aéronautique, pharmaceutique, production de machine, plasturgie, construction et transport.

Pour s’implanter localement, je conseillerais aux entrepreneurs de se faire accompagner par des relais locaux qui ont une bonne connaissance du marché et des partenaires économiques.

Se développer en Turquie présente de nombreux avantages :

Un marché important et une économie en croissance, des opportunités de marché inexploité, un emplacement stratégique entre Europe/Moyen Orient et Asie, une population jeune et connectée, un coût de la vie relativement faible en comparaison à l’Europe, un taux d’imposition favorable, facilités pour créer une SARL en tant qu’étranger,  de nombreux incubateurs – accélérateurs et espaces de co-working pour accompagner votre développement de Startup, une environnement entrepreneurial dynamique.

En revanche, il y a aussi quelques inconvénients à prendre en compte :

Le cadre légal peut s’avérer contraignant : Pour un salarié étranger, il faut justifier de l’emploi de 5 turcs.

Certains fondateurs de Start-up se plaignent également que les investisseurs locaux ne disposent pas d’une bonne compréhension de la technologie innovante et n’y consacrent pas assez de fonds, il est donc parfois difficile de lever des capitaux locaux en étant une Start-tech.

L’implantation sur le marché turc peut être longue.

Bien qu’il existe quelques points à améliorer dans l’écosystème des technologies innovantes à Istanbul, il présente également de nombreux avantages et se place à présent dans le TOP 5 des Hub d’avenir.

Concernant les possibilités de financement, il existe de nombreuses possibilités pour les entrepreneurs (Crowdfounding, accélérateurs, incubateurs, subventions….). Istanbul étant une plaque tournante de Start-up dans la région, la ville a tout naturellement attirée de nombreux réseaux d’accélérateurs locaux et des programmes d’incubation bien établis :  Silicon Valley accelerator the Founder Institute, New York NGO Endeavor et le European Startup Bootcamp, Etohum, Endeavor, le centre d’incubation de l’Université de Koç…

La ville est elle faite pour tout le monde ?

Istanbul est l’une des plus grande mégalopole du monde avec ses 14 millions d’habitants (officiels 2014). Elle vit, s’agite et ne dort jamais. Se côtoient des gens et des cultures très différents où chacun peut trouver sa place. Istanbul est une ville passionnante qui présente de nombreux atouts. Le revers de la médaille est l’épuisement… : trop de monde, un trafic infernal, elle ne s’arrête JAMAIS !  Elle n’est peut-être pas très adaptée à ceux qui sont en recherche d’espace et de calme.

Istanbul est une ville passionnante qui présente de nombreux atouts. Le revers de la médaille est l’épuisement… : trop de monde, un trafic infernal, elle ne s’arrête JAMAIS !

Y a t-il beaucoup de startupers français à Istanbul ? Qu’y font ils et que recherchent ils ? Quelles sont les autres nationalités représentées, dans quel domaine ?

Nous comptons plus de 500 entreprises françaises implantées en Turquie dont 70% à Istanbul, centre économique du Pays.

En revanche, les start-up françaises et la french tech en Turquie ne sont pas très représentées. Seules quelques start-up participent à l’environnement start-up local.

Quels sont vos projets ?

VIAPro accompagne le développement professionnel des particuliers, start-up et entreprises à Istanbul.

Nous nous développons sur 3 axes selon ces 3 cibles. Pour répondre à ces besoins, nous avons créé un centre de formation, une pépinière et réseau de compétences francophones que nous avons testé.

Mon projet aujourd’hui est de développer VIA Pro, d’élargir nos services et de renforcer notre présence. Nous allons multiplier nos partenariats et les connexions entre les entreprises françaises et l’environnement des start-up turques locales pour nous implanter davantage.

Nous travaillons actuellement à la préparation de notre rentrée, nouveau site, nouveau programme, nouveaux services et partenaires. VIAPro 3.0 ! 😉