Choisis un travail que tu aimes et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie. Ni à partir en vacances

Choisis un travail que tu aimes et tu n'auras pas à travailler un seul jour de ta vie. Ni à partir en vacances
Choisis un travail que tu aimes et tu n'auras pas à travailler un seul jour de ta vie. Ni à partir en vacances

Les vacances, vaste sujet qui occupe la majeur partie des conversations depuis 3 mois, peut-être encore plus alors que la rentrée approche, et que chacun pense à préparer les prochaines. N’avez-vous pas remarqué comme la question « et sinon, vous avez prévu quoi comme prochaines vacances ? » revient dans chaque conversation mondaine ?… Les vacances c’est Le Graal des français, cette période pour laquelle ils travaillent toute l’année avec pour objectif de partir loin, de couper de leur train-train quotidien, de faire une pause le temps de quelques semaines, dans une vie, qui disons-le honnêtement ne leur convient pas.

Une vie qui ne leur convient pas car ils la subissent plus qu’ils ne la vivent. C’est dans la plupart des cas leur job qui pose problème (il n’est pas encore admis de se plaindre de son conjoint(e) en public, au contraire de son boss…) Entre ceux qui sont menacés de licenciement, ceux qui sont harcelés, ceux qui font un travail ayant perdu tout sens, ceux qui sont sous-payés ou exploités, ceux qui ne supportent plus leurs collègues et/ou managers, ceux qui ne maitrisent rien dans leurs tâches, ceux qui n’arrivent même plus à se lever la matin pour aller au bureau, ceux qui sont en burn out, etc… On pourrait en rajouter des tonnes comme cela. On comprend qu’ils rêvent tous de leurs deux ou trois semaines de bonheur loin du bureau, chaque année…

Ils pourraient changer de job, mais cela leur semble tellement difficile et incertain, qu’ils préfèrent rester ainsi, dans une vie qui ne leur plait pas, mais qu’ils pensent maitriser malgré tout. Une vie à se plaindre, à râler contre tout et tout le monde, à accuser les autres, le gouvernement, la morosité ambiante qu’ils ressentent dès leur sortie de l’avion après 10 jours à Bali ou Rio, à cracher sur la France et les Français (oubliant qu’ils en sont aussi…) à affirmer que la conjoncture actuelle de notre pays est responsable de leur situation (mais pas eux-mêmes…) et à nous dire « aaaaah toi, tu peux pas comprendre cela, tu n’as pas un vrai job comme moi ! ». Ou encore « tu as de la chance de pouvoir être à ton compte, moi je peux pas, j’ai pas d’argent », mais aussi « je comprends que tu ne rêves pas de partir en vacances, tu es en vacances toute l’année ! ».

Dans leur imaginaire, nous les entrepreneurs ou free lance avons une vie de rêve, sans contrainte, où nous aimons tout ce que nous faisons, n’avons pas d’horaires, peu d’heures de travail, pas de comptes à rendre, une liberté totale. Mais voilà, se lanceraient-il pour autant ? Non, parce que eux, ils ne peuvent pas, pas comme nous. Ils ont un crédit immobilier, une pension alimentaire, un train de vie à maintenir, trois I-Phone à renouveler, les activités des enfants à payer, le 31 décembre à la neige à préparer. Bref ce n’est pas possible, donc finalement mieux vaut garder un job pourri avec un salaire en fin de mois que créer son job de rêve et angoisser de ne plus pouvoir tout s’offrir comme avant. Surtout aux yeux des autres d’ailleurs.

C’est triste, tellement triste de vivre « comme avant », quand on n’avait pas d’autre choix que garder le même emploi toute sa vie, quand la pression sociale pesait sur les épaules des chefs de famille, et qu’il n’était pas aussi « facile » de lancer son activité qu’aujourd’hui. A s’obliger de vivre une vie faite de labeur, d’ambiance moribonde, de dépression, de pessimisme, alors que tout est à portée demain pour qui ose prendre des risques, surtout celui d’être heureux, on finit par devenir aigri et hargneux. Certes, il y a toujours un prix à payer pour atteindre son idéal, et on peut parfois échouer, mais n’a t-on pas déjà échoué quand on vit une vie qui ne nous convient pas ? Quand les seuls moments de bonheur de l’année ce sont les 5 semaines de congés payés ?

Quand on est entrepreneur (de sa vie) on n’a pas « besoin » de vacances, on part si on en a envie, pas pour fuir une vie sans intérêt ou un job qui nous ruine le moral. On part peu, on va moins loin, mais on en profite pour découvrir de nouvelles sources d’inspiration et de créativité, pour développer de nouveaux projets, pour se faire plaisir tout simplement. On ne fuit pas quelque chose qu’on n’arrive pas ou qu’on n’ose pas nommer. Si on ne part pas, on profite tout de même de chaque instant, car on sait qu’on partira à un autre moment, pas quand notre boss aura décidé que c’est le moment de fermer l’entreprise.

Être entrepreneur, c’est bien avant la création de son job ou de son entreprise, prendre sa vie en mains et ne pas attendre que quelqu’un d’autre décide pour nous. C’est devenir maitre de son destin et ne pas accuser les autres de ses déboires, c’est voir une opportunité dans tout ce qui nous arrive, positif ou négatif, c’est ne jamais laisser la vie décider pour nous, mais faire ses propres choix, bons ou mauvais. C’est réussir ou échouer, mais toujours apprendre quelque chose et avancer vers un avenir meilleur. C’est enfoncer les portes fermées, c’est ne pas lutter contre ce qui n’est plus et ne sera plus, c’est suivre les mutations qui secouent notre monde parfois avec un temps d’avance, c’est apporter notre part à l’édifice, si minime soit-elle. C’est ne jamais se reposer sur ses acquis et se dire que tout peut exploser à tout moment, mais savoir rebondir à chaque instant quoiqu’il arrive.

Mais être entrepreneur, c’est aussi angoisser pour des fins de mois difficiles, galérer pour acheter un appartement ou une voiture, ne compter que sur soi-même, apprendre à se remotiver et se féliciter tout seul. C’est aussi tout faire seul, depuis la plus petite tâche ingrate à la plus honorable, à ne jamais avoir l’esprit au repos ou fini son travail, à ne pas couper avec son job. Pire, parfois on échoue et on doit supporter les remarques désobligeantes de ceux qui n’ont jamais franchi le cap. Ceux qui se rassureront devant notre chute, en se disant « j’ai bien fait de ne pas essayer ». Ceux qui garderont ce job qui leur offrira trois semaines de bonheur annuel chaque été toute leur vie.

« Choisis un travail que tu aimes et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie » – Confucius