« Si tu te sens appelé(e) par une idée, un projet, c’est que tu es la meilleure personne pour le réaliser » Marie Guibouin

"Si tu te sens appelé(e) par une idée, un projet, c’est que tu es la meilleure personne pour le réaliser" Marie Guibouin
"Si tu te sens appelé(e) par une idée, un projet, c’est que tu es la meilleure personne pour le réaliser" Marie Guibouin

On dit souvent qu’entreprendre est un appel de la vie, de l’univers, des éléments, au risque parfois de passer pour un(e) allumé(e) auprès de ses proches… S’il en est un parfait exemple, c’est bien Marie Guibouin, photographe de l’Âme depuis plusieurs années, après un parcours de salariée et free lance dans le monde de la coiffure et du maquillage. Un métier qu’elle s’est créé de toutes pièces, en écoutant son intuition et en faisant fi des peurs, surtout celles des autres, pour vivre pleinement chaque instant, avec bonheur et sens. Aujourd’hui, elle accompagne ses clients à devenir eux-mêmes afin de rêver, oser et agir.

Marie Guibouin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pouvez-vous nous raconter votre parcours qui vous a mené à la création de votre propre emploi ?

Je suis entrée très tôt dans le monde professionnel. A 17 ans, je travaillais en alternance en coiffure et à 19 ans, je décrochais mon premier (et dernier) CDI. Je n’avais pas du tout la culture de l’entrepreneuriat. On m’avait toujours dit que le but de la vie c’était de décrocher le Saint-Graal CDI pour payer ses factures. Je suis restée salariée pendant 7 ans ! Ce sont les 2 dernières années qu’une envie d’ailleurs a émergé. Le déclencheur : un voyage de 3 semaines en montagne sans téléphone ni internet, au jour le jour. Même si je n’en ai pas eu conscience sur le moment, ce voyage m’a ouvert le champ des possibles. Je n’en pouvais plus d’être enfermée entre ces 4 murs ! Partir mais pour faire quoi ? La photographie m’a traversé l’esprit à ce moment-là mais je ne voyais pas bien comment cette passion pourrait devenir un métier. Alors, j’ai décidé de me former à l’Art du Maquillage et j’ai fait le grand saut dans l’entrepreneuriat ! Pendant 3 ans, j’ai proposé mes services en coiffure et maquillage pour les agences de publicité, communication, évènementiel. C’est fin 2014 que la photographie s’est imposée à moi grâce à un projet que j’ai proposé aux Machines de l’Ile de Nantes, où l’on m’a donné Carte Blanche ! Suite à ce projet magique, le besoin de donner du sens est devenue une priorité pour moi. C’est à ce moment-là que mon Business a changé de direction. Aujourd’hui, ma mission est de révéler la Beauté et les Talents de mes clients par la photographie et l’accompagnement.

On m’avait toujours dit que le but de la vie c’était de décrocher le Saint-Graal CDI pour payer ses factures

Pourquoi ne pas l’avoir fait plus tôt ?

Je ne m’en sentais pas capable, tout simplement. Je crois que ça ne faisait même pas partie de mon champ des possibles à l’époque. Adolescente, je n’étais pas celle que je suis aujourd’hui. J’étais ultra timide, je rougissais dès que je devais ouvrir la bouche et niveau confiance en moi, n’en parlons pas !

Vous seriez-vous lancée dès la fin de vos études ?

Dès la fin de mes études en coiffure, non ! Absolument pas ! Ça me paraissait inaccessible ! Ce n’est que 10 ans plus tard, lorsque je suis retournée sur les bancs de l’école pour apprendre l’Art du maquillage, que je me suis lancée. Mon état d’esprit était totalement différent. Je savais déjà que je n’avais pas envie de remettre les pieds dans le monde du salariat.

Selon vous quel est le meilleur moment pour se lancer ?

Je pense que c’est propre à chacun. Je crois qu’à un moment, il y a cette force en soi, cet élan. Même si ça fait peur, c’est plus fort que soi. Le meilleur moment, c’est quand on le sent. C’est peut-être un peu bateau comme réponse, mais je crois vraiment que c’est le moment où l’on sent cette flamme à l’intérieur. Intuitivement, on est prêt, même si c’est l’inconnu.

Quelles étaient vos motivations initiales pour créer votre activité ? Sont-elles toujours là ? Ont-elles évolué avec le temps ?

Je ne supportais plus la hiérarchie et je n’étais plus du tout en accord avec les valeurs de l’entreprise dans laquelle je travaillais. Aujourd’hui, j’ai toujours du mal avec l’idée que quelqu’un m’impose des horaires et une façon de travailler. Créer une entreprise, c’est fabuleux. C’est une entreprise qui nous ressemble et que l’on peut continuer de sculpter au fur et à mesure de nos évolutions. Tout bouge. Rien n’est figé. C’est ce que j’aime aussi dans le fait d’avoir créé ma propre activité. Si demain, je veux faire un virage à 180°, arrêter certaines choses et en proposer de nouvelles, je suis libre de le faire. En tant que salariée, je me sentirais limitée.

Aujourd’hui, j’ai toujours du mal avec l’idée que quelqu’un m’impose des horaires et une façon de travailler

Quelles étaient vos peurs ? Comment les avez-vous domptées ?

Ce qui a été le plus difficile à gérer au début, ce sont les peurs de mon entourage. « Tu es sûre que tu vas avoir du travail ? », « Comment tu vas faire si tu n’as pas de clients ? », « C’est la crise, c’est pas raisonnable de quitter un CDI de nos jours… », et j’en passe. Heureusement, que j’avais cette force en moi, cette foi inébranlable que c’était la meilleure décision de toute ma vie. Ça n’a pas empêché les moments de doutes et de remises en question qui ont suivi. Le meilleur antidote de la peur selon moi, c’est d’Oser ! Oser aller vers ce qui nous attire et nous fait peur à la fois. Les peurs sont souvent irrationnelles : peur d’échouer, peur de réussir (je ne pensais pas que je l’aurais un jour, cette peur de réussir, qui m’a valu de bels auto-sabotages), peur de ne pas donner assez, de ne pas être à la hauteur … (elle m’a longtemps poursuivi celle-ci), peur de ne pas être légitime… A un moment, j’ai pris conscience que ces peurs là, ce sont des scénarios qu’on se fait dans la tête et qui n’existent même pas ! En ce moment, je finalise l’écriture de mon 1er livre « J’ai peur mais je le fais quand même » – Derrière la peur, l’Âme agit … J’ai décidé d’écrire ce livre quand j’ai pris conscience que toutes les fois où j’ai transcendé mes peurs, quelque chose de magique se manifestait dans ma vie. A chaque fois que j’ai douté ou que j’ai eu envie de tout arrêté, j’ai rencontré une personne, j’ai reçu un message de quelqu’un, j’ai toujours eu un signe comme pour me dire « allez Marie, continue, ce n’est pas le moment de baisser les bras ! ».

Pourriez-vous aujourd’hui redevenir salariée ?

Je me suis posée la question récemment et j’ai beaucoup de préjugés négatifs sur le salariat. J’en ai fait un article sur mon blog : « Cher recruteur à la recherche du candidat idéal … » où je me suis donnée le défi de revivre le salariat pour quelques heures ou quelques jours, comme ça, pour voir … pour transcender ma peur du salariat et pour nuancer la vision que j’en ai. Je ne sais pas encore si cette expérience va se manifester dans ma vie. Ma priorité reste avant tout le développement de mon entreprise. Et si je suis 100% sincère avec moi-même, redevenir salariée sur le long terme est inenvisageable pour moi. J’aime trop cette liberté que je me suis construite !

Qu’est-ce que vous ne pourriez plus abandonner aujourd’hui ?

La liberté ! Et le pouvoir de créer des projets, produits et services qui ont du sens pour moi. Aussi, cette sensation de ne pas avoir l’impression de travailler, même si je travaille beaucoup. Pour moi, mon entreprise n’est pas séparée de moi. Tout est lié.

Pour moi, mon entreprise n’est pas séparée de moi. Tout est lié

Avez-vous des salariés ou non ? Pourquoi ?

Je n’ai pas de salariés parce que je n’en ai pas le besoin. Et si je devais « recruter », je ne pense pas opter pour ce modèle. Je préfèrerais travailler avec des free lance qui développent eux aussi leurs propres projets. Je n’aime pas cette idée d’enfermement que j’ai du salariat, alors ce n’est pas pour le faire « subir » aux autres.

Qu’est-ce qui vous motive dans l’entrepreneuriat ?

Les défis de chaque instant, le fait que chaque jour se suit mais ne se ressemble pas, le pouvoir de création illimitée et les rencontres magiques !

Ce que vous détestez ?

Hum … Même si c’est plus rare maintenant, je déteste cette question : « Mais tu gagnes vraiment ta vie avec ce que tu fais ? »

Qu’est-ce qui vous manque de votre vie de salariée ?

Rien du tout !!!

Avec quel œil voyez-vous aujourd’hui l’évolution de votre carrière vers l’entrepreneuriat ?

Aujourd’hui, j’ai vraiment envie de passer au niveau supérieur, d’augmenter mon chiffre d’affaires tout en continuant de marier le Business et le Sens. Le Besoin de donner du sens sera toujours une priorité quoi qu’il arrive. Au-delà du Business, j’ai envie de toucher de plus en plus de monde avec mon message. Dans mon idéal, je rêverais que chaque être humain sur cette planète ose aller vers ce qui l’appelle vraiment, au-delà de la mode et des codes sociétaux !

Le Besoin de donner du sens sera toujours une priorité quoi qu’il arrive

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui veut se lancer ?

Ose! Entoure-toi de bonnes personnes, qui te portent vers le haut. N’écoute pas ceux qui n’osent pas se lancer et qui te balancent leurs propres peurs ! Ce sont leurs peurs, pas les tiennes. Ne t’arrête pas au premier obstacle ! Si tu te sens appelé(e) par une idée, un projet, c’est que tu es la meilleure personne pour le réaliser. Rien n’est trop grand ou trop ambitieux. Tu es capable de beaucoup plus que ce que tu crois. Si tu réponds à l’appel de ton Âme, tu trouveras sur ton chemin, toutes les ressources dont tu as besoin pour réaliser ton projet. Écoute ton intuition, c’est ton guide le plus fiable, même si parfois (souvent), elle te fera faire des choses illogiques pour le commun des mortels. N’aie pas peur de passer pour un(e) allumé(e), tu as le droit de prendre ta place et tu es légitime. Quoi qu’il arrive, sache que « Derrière la peur, l’Âme agit … ».