« Il faut arrêter de faire du blanchiment de carrière atypique ! » Stéphanie Talleux @TEDxCelsa

"Il faut arrêter de faire du blanchiment de carrière atypique !" Stéphanie Talleux @TEDxCelsa
"Il faut arrêter de faire du blanchiment de carrière atypique !" Stéphanie Talleux @TEDxCelsa

Hier soir se déroulait le premier TEDxCelsa sur le thème « Sortir du cadre » dans les locaux de Google à Paris. Des témoignages inspirants, motivants, créant de l’émotion, de l’optimisme et une réelle envie de faire sa part pour changer le monde après plus de 2h de témoignage.

Parmi eux, certains nous ont touché plus que d’autres, c’est le cas de celui de Stéphanie Talleux -accompagnatrice de la vie expatriée et de la carrière nomade- qui a parlé des carrières atypiques. Les parcours professionnels non linéaires, comme on en voit de plus en plus depuis la crise et le chômage massif et dont la France a la hantise. La hantise de glisser sur un chemin chaotique, alternant des périodes de stage plus longues que d’ordinaire, de création d’entreprise, de free lance, de salariat, de pause, de séjour à l’étranger et pas un traditionnel CDI dans un grand groupe ou une PME depuis l’obtention de son diplôme jusqu’à sa retraite, comme l’ont fait les générations précédentes.

La carrière linéaire est une espèce en voie de disparition

D’une part aujourd’hui la vie n’est plus tracée, du fait des profondes mutations que les sociétés vivent, et d’autre part, la recherche de sens, la volonté de s’accomplir personnellement et professionnellement, font que de moins en moins de monde suit un chemin linéaire au cours de sa carrière. Un état de fait difficile à accepter pourtant en France, où les profils classiques, formatés, qui rentrent dans une case ont toujours la cote auprès des recruteurs.

En France, les carrières atypiques font peur

Pourtant pourquoi faudrait-il absolument rentrer dans la norme lorsqu’on est de base une personnalité atypique ? A force de vouloir se remettre dans le droit chemin en permanence, dès que la trajectoire dévie, c’est là que la carrière devient un échec et que la mal-être s’installe, faut d’être soi-même. Un sentiment d’imposture permanent s’installe, avec l’impression de ne pas être à la hauteur, d’être éparpillé, instable ou inadapté social.

Il faut arrêter de faire du blanchiment de carrière atypique

Selon Stéphanie, il suffit de quelques règles simples pour (re)trouver son propre chemin :

  • Trouver une cohérence entre toutes ses activités, travailler sa communication personnelle -le personnal branding- et assumer son identité professionnelle
  • Parler de ses faiblesses, elles sont source d’émotion et d’adhésion de futurs clients ou collaborateurs, arrêter de masquer les aléas de sa carrière atypique
  • Être connecté au présent -ce n’est pas ce qu’on a fait depuis nos 20 ans mais ce qu’on sait faire aujourd’hui qui nous définit- le CV ne parle que du passé, pas du présent
  • Être passionné par son job donne l’envie aux autres de travailler avec nous -les bonnes personnes se manifestent, les autres s’éloignent- sans avoir à démarcher avec assiduité

C’est grâce à ma vulnérabilité que l’on a envie de travailler avec moi

Comme l’a partagé hier soir Stéphanie Talleux avec nous, c’est lorsqu’elle n’a plus eu peur de ce qu’elle était, qu’elle a osé aller au devant des personnes qu’elle admirait et avec qui elle voulait travailler, qu’elle a enfin pu créer son job, bien à elle, basé sur ses expériences de « femme d’expat », son parcours fait de hauts et de bas, sa connaissance de l’expatriation et de ses difficultés, que les partenariats et les clients sont venus à elle. Une fois qu’elle a accepté d’être elle-même avec ses failles, ses doutes, ses erreurs et son professionnalisme acquis sur le terrain tout au long de sa vie et pas un diplôme ou un poste similaire dans une entreprise. Il faut apprendre à supprimer les barrières que nous nous mettons -ou le Mur de Berlin comme elle dit- nous-mêmes et agir comme on le souhaite vraiment au plus profond de soi.

L’important c’est de ne pas avoir peur, d’avoir confiance en soi, d’assumer sa différence, d’être soi-même, d’arrêter de vouloir être comme tout le monde et de rentrer dans un moule prédéfini par la société. Les carrières atypiques font encore aujourd’hui peur, car elles sont synonymes de risques, d’instabilité financière et sociale, d’insaisissabilité. Mais elles seront la norme d’ici peu de temps, une fois que le fameux tipping point sera atteint, chacun pourra avoir sa carrière chaotique sans choquer personne et c’est celui ou celle qui fera toute sa vie professionnelle dans la même entreprise qui sera atypique !