Simone Lemon invente le restaurant 0 gaspillage

Simone Lemon invente le restaurant 0 gaspillage
Simone Lemon invente le restaurant 0 gaspillage

Simone Lemon est un (presque) futur restaurant qui ouvrira au 30 rue Le Peletier dans le 9ème arrondissement de Paris début septembre. Un projet créé par deux amies Shéhrazade Schneider et Élodie Le Boucher qui se sont connues sur les bancs de la chaire entrepreneuriat de l’ESCP il y a près de 3 ans. Un restaurant bien sûr, mais pas comme les autres. D’une part parce que l’identité de marque très forte au style cabinet de curiosités, voulue par Shéhrazade et Élodie ne laissera certainement pas indifférent les clients et d’autre part parce que Simone Lemon surfe sur la tendance anti-gaspi en ne proposant à la carte uniquement des plats élaborés à partir de fruits et légumes « moches », cultivés en France et qui jusqu’à maintenant partaient en perte dans les tableaux comptables des agriculteurs.

simone lemon

L’idée est née il y a 3 ans, après 8 mois de réflexion sur le concept suivi d’une année de rencontres avec des cultivateurs qui au premier abord se sont méfiés de ces deux jeunes femmes qui voulaient révolutionner leur habitudes.

A partir du moment où ils ont compris qu’on était là pour acheter leur légumes et fruits inesthétiques, le courant est passé

Un des objectifs des fondatrices était de rapprocher les consommateurs des producteurs afin qu’ils comprennent qu’un légume aux formes douteuses est aussi bon qu’un autre et surtout qu’il a couté aussi cher à produire. D’où leur volonté de ne pas brader les prix d’achat aux agriculteurs et de revente aux clients dans leur restaurant.

Au cours de ces trois années, Shéhrazade et Élodie ont testé leur concept en créant une entreprise de traiteur avec leurs propres recettes de cuisine à partir de ces fruits et légumes. C’est à ce moment qu’elles ont su qu’elles devaient monter leur enseigne, en dur, dans un local à leur image. Une expérience qui a forgé leur caractère, leur a permis de se frotter au monde difficile de la restauration, des horaires, des demandes (elles ont notamment assuré un service de 1000 plats en 4 jours pour un client), de la logistique, de l’approvisionnement et de la conception des plats.

Aujourd’hui, on peut dire qu’on sait tout faire

Les recettes sont des plats simples, avec des produits locaux et frais, cuisinés du jour, et les invendus seront redistribués à des associations. Les acheteurs se serviront au buffet et payeront au poids, afin de ne pas gâcher et de consommer selon son appétit. Ils pourront les déguster sur place ou à emporter. Un concept qui rappelle les Deli’s New Yorkais dont Élodie a pu tester le concept lors de ses deux années passés dans la grosse pomme au marketing de grands groupes. Les consommateurs pourront aussi emporter les restes dans un doggy-bag. L’intégralité des produits seront cuisinés, même les épluchures, les écorces, etc…

L’objectif est d’avoir 0 perte

Élodie et Shéhrazade envisagent d’ouvrir leurs portes du matin, pour les brunchs au soir, pour les diners et afterwork. Elles se partageront le travail, Shéhrazade (dont les parents sont restaurateurs à Marrakech) en cuisine, avec un chef et Élodie en salle avec 3 serveur(se)s.

Simone Lemon figure parmi les 8 finalistes lauréats du concours organisé par Unibail Rodamco (sélectionné parmi une centaine de dossiers reçus). Le jury a été séduit par le concept inédit du restaurant avec du sens. Elles bénéficient grâce à cette place de finaliste, d’un accompagnement sur mesure par des professionnels, pendant 3 mois, ce qui tombe juste pendant la dernière phase de préparation de l’ouverture, puisque le local est en plein travaux et devrait permettre d’ouvrir le 1er septembre. Un local qu’elles ont cherché pendant 8 mois assidument, avant de trouver cet emplacement, un ancien Cojean, dont le droit au bail s’est élevé à 300 000€ auquel il faut ajouter environ 100 000€ de travaux. Une somme financée par un petit apport personnel, des prêts d’honneur, des concours, une levée de fonds auprès de business angels qui croient au projet et pour finir par un crédit bancaire.

Si Shéhrazade et Elodie n’en sont finalement qu’à leurs débuts, elles sont aujourd’hui fières du parcours qui les a mené jusqu’à la concrétisation de leur projet et comme elles disent « maintenant y’a plus qu’à » !