Réussir est-il une finalité ?

Réussir est-il une finalité ?
Réussir est-il une finalité ?

On ne compte plus le nombre d’articles et de livres qui fleurissent chaque jour sur le thème de la réussite, chacun y allant de son explication philosophique, spirituelle ou matérielle. Il y a un point commun entre toutes ces publications, c’est qu’elles traitent toutes de la réussite comme d’une finalité en soi. Comme si chacun devait dédier sa vie à cette quête. Encore plus lorsqu’on est entrepreneur, car l’objectif est bien sûr de « réussir ». Que fait-on une fois qu’on a réussi ? On arrête de vivre ? On tente de garder en l’état ce qu’on a réussi ? On peut mourir tranquille ?…

La réussite est propre à chacun, il n’y a pas à donner de définition, même si beaucoup s’accordent à dire que c’est faire un gros chiffre d’affaire, avoir plein de clients, ne plus regarder con compte bancaire en fin de mois, être propriétaire, partir en vacances dans des palaces, offrir des tonnes de jouets à ses enfants, etc… La notion de réussite a toujours une très forte connotation financière, ou « signes extérieurs de richesse », dans l’imaginaire commun.

Pourtant, réussir, si on ne doit retenir qu’une seule chose, c’est être heureux. Et ce n’est pas une finalité mais un état d’esprit, un chemin à suivre tout au long de sa vie quelques soient les évènements qui ne manqueront pas d’arriver. Être heureux n’a rien de « visible » à proprement parler. Car ce n’est pas en montrant au monde toutes ces choses qu’on peut s’acheter grâce à notre réussite financière qu’on sera plus heureux. C’est profond, c’est un ressenti, un apaisement, un bien-être, qui peut ne pas être lié au fait d’avoir une famille idéale, de partir en voyage ou de passer sur BFM Business toutes les semaines. Toutes ces « réussites » peuvent certes, augmenter transitoirement le niveau de bonheur, mais si au fond de soi, on n’est pas heureux, cela ne comblera pas cette sensation, l’euphorie retombera bien vite et la « réussite » ne sera pas au rendez-vous.

On a tous des gens autour de nous qui ont des grosses entreprises, une Porsche, deux enfants qui font de brillantes études, une maison de campagne, des invitations dans toutes les soirées VIP, mais dont on sait qu’une fois la porte fermée chez eux, rien ne va. Ils donnent le change en public ou sur les réseaux sociaux, on pourrait mêmes les qualifier de Monsieur ou Madame Parfait, à qui tout réussit, mais au fond d’eux, ils se sentent mal. Ils ne se sentent pas à leur place, ils passent leur temps à « se chercher », à essayer de comprendre qui ils sont et ce qu’ils font dans cette vie qui ne leur ressemble pas, ils ne s’aiment pas, tout n’est qu’apparence et ils ne rêvent que de tout plaquer pour recommencer à zéro une vie, moins brillante aux yeux de la société, mais plus proche de leur idéal.

Actuellement on observe de plus en plus de personnes « ayant réussi », matériellement parlant, lâchant tout pour aller chercher ce qui fait sens pour eux, et ce vers quoi ils veulent aller, n’hésitant pas à tout vendre pour faire un tour du monde ou s’installer dans la Drôme pour créer une ferme agrobiologique. Le tout en laissant leur entourage qui pensait que leur vie était merveilleuse, dans l’interrogation totale, face à cette crise soudaine et réalisant que les symboles de réussite extérieure ne signifient pas que la vie elle-même est réussie.

Quand on crée notre entreprise, on rêve souvent du jour où on aura réussi, celui où on atteindra un gros chiffre d’affaire, où on aura de beaux bureaux, des salariés, où on passera dans les médias. Et puis au fil du temps, on réalise que ce n’est pas pour cela qu’on sera plus heureux pour autant. On a beau atteindre cet idéal, se verser 5000€ par mois, avoir une grosse maison, dépenser sans compter, il y a toujours ce petit quelque chose, qu’on ne sait pas identifier, qui ne nous lâche pas, mais qu’on met de côté le plus souvent possible. On a aussi cette petite voix qui nous dit « mais tu as tout pour être heureux, tu as réussi tout ce que tu voulais, alors que veux-tu de plus ? ». Comment oser avouer à son entourage, que c’est bien beau tout cela, mais cela ne nous rend pas heureux ? Que cette aisance financière, certes nous sécurise, mais ne comble pas ce vide qu’on a en nous. Ce vide qu’on ne s’explique pas, mais qui est bien là et qui s’accentue au fil du temps. Difficile… Surtout quand tant de gens ont du mal à boucler leurs fins de mois…

Alors réussir, c’est quoi finalement ? C’est très personnel et il n’y a pas de réponse toute faite car chacun a sa propre définition, et celle-ci peut varier au cours de la vie… Mais il y a un point commun à tous, c’est être heureux, quelque soit sa notion de la réussite. Être heureux tout au long du chemin, sans attendre que quelque chose de merveilleux nous arrive, ou que notre but soit atteint, profiter de chaque instant, prendre le temps de faire une pause ou d’être triste dans les mauvaises périodes, se réaligner sur ses valeurs profondes régulièrement, se sentir bien sans rien attendre d’autre. Tout simplement.