« Sur le secteur des FinTechs c’est la technologie qui a créé une opportunité à laquelle les nouveaux acteurs répondent » Michael Kent, PDG et fondateur d’Azimo

"Sur le secteur des FinTechs c’est la technologie qui a créé une opportunité à laquelle les nouveaux acteurs répondent" Michael Kent, PDG et fondateur d’Azimo
"Sur le secteur des FinTechs c’est la technologie qui a créé une opportunité à laquelle les nouveaux acteurs répondent" Michael Kent, PDG et fondateur d’Azimo

Le marché des Fintechs semble n’en être qu’à ses débuts, tant le nombre de startups s’engouffrant sur le secteur semble sans fin et les fonds levés par chaque acteur plus énormes qu’ils ne l’ont jamais été pour d’autres domaines. Une conséquence, et une réponse aux failles des acteurs traditionnel du système bancaire serait la motivation numéro une des entreprises de la Fintech.

Azimo, un service de transfert d’argent entre mobiles, basé à Londres, a récemment levé 15 millions de dollars auprès de Rakuten, le leader japonais du commerce électronique et des services financiers. « Nous voulons fournir à nos clients le service qu’ils méritent : un service peu onéreux, rapide et conçu pour faire des transferts d’argent un processus plus facile et plus agréable » explique Michael Kent, PDG et fondateur d’Azimo que nous avons interviewé avant l’été.

Lancée en 2012, Azimo, possède le plus grand réseau numérique du monde, qui permet à ses clients de transférer de l’argent vers plus de 190 pays, depuis n’importe quel appareil connecté à Internet. Depuis fin août, Azimo permet d’envoyer de l’argent à ses proches via Facebook Messenger. Une nouvelle fonctionnalité permettant de relier expéditeurs et destinataires via leur liste d’amis Facebook. Cette fonctionnalité leur permet d’échanger rapidement leurs coordonnées bancaires et de les diriger immédiatement vers l’application Azimo pour effectuer un transfert, en quelques clics.

 Michael Kent

 

 

 

 

 

 

 

 

Au sujet de votre récente levée de fonds, pourquoi Rakuten a-t-il décidé de réaliser un investissement stratégique dans votre société ? Et à quoi va vous servir cette levée de fonds ?

Nous sommes parmi les FinTech à Londres qui connaissent la plus forte croissance, nous possédons le plus grand réseau numérique et un modèle économique évolutif. De plus, nous opérons sur un marché au potentiel de 600 milliards de dollars, ce qui rend Azimo très attractif pour une entreprise de commerce électronique comme Rakuten.

A long terme, nos principaux objectifs sont l’expansion en Asie et le renforcement de notre réseau social, ce qui fait de Rakuten (un des plus importants acteurs du secteur financier en Asie et propriétaire de Viber) un partenaire idéal pour nous. Les fonds levés nous permettront d’améliorer notre position sur le marché asiatique, en étendant nos opérations dans la région et en permettant des transferts d’argent vers de nouveaux pays.

Nous opérons sur un marché au potentiel de 600 milliards de dollars, ce qui rend Azimo très attractif pour une entreprise de commerce électronique comme Rakuten

Comment expliquez-vous l’engouement actuel atour des services de transfert d’argent ?

C’est principalement dû à l’émergence de nouveaux services et à une prise de conscience de la part des consommateurs qui commencent à se rendre compte qu’il existe de meilleures solutions que celles proposées par les acteurs traditionnels du secteur. Le bond gigantesque observé dans l’utilisation des médias sociaux et des applications mobiles, en particulier dans le secteur des services financiers, montre que de plus en plus de gens cherchent des solutions plus rapides, moins chères et plus simples pour effectuer des paiements et envoyer de l’argent à l’étranger.

Cet engouement est-il selon vous lié au développement des technologies et à l’arrivée de nouveaux opérateurs ou, au contraire, ces nouveaux opérateurs viennent sur ce marché en raison de la demande ?

C’est une bonne question. Je pense que l’élément déclencheur a été l’arrivée du smartphone. Cela a créé une toute nouvelle industrie qui, à son tour, a attiré de nouveaux acteurs : c’est finalement la technologie qui a créé une opportunité à laquelle les nouveaux acteurs répondent.

C’est la technologie qui a créé une opportunité à laquelle les nouveaux acteurs répondent

En quoi votre offre est-elle différente de celles de vos concurrents, tels que Orange Money, Lemon Way et les autres ? Comment allez-vous attirer vos futurs clients ? Quels sont vos objectifs ? Quel est votre stratégie de développement ?

Deux éléments primordiaux nous distinguent de la concurrence. Tout d’abord, nous avons le plus grand réseau numérique de tous les acteurs en ligne, permettant à toute personne vivant dans 22 pays, au Royaume-Uni et en Europe, d’envoyer de l’argent vers plus de 190 pays à travers le monde. Ensuite, nos frais sont beaucoup plus bas que les acteurs traditionnels : nous facturons 1 à 2% en moyenne, alors que certains d’entre eux peuvent facturer jusqu’à plus de 10%. Ces 90% d’économies font une énorme différence pour nos clients.

Notre principal moteur de croissance est le bouche à oreilles. Une fois que les utilisateurs ont découvert Azimo pour transférer de l’argent, ils ont tendance à revenir encore et encore et à inviter leurs proches à tester l’application. Nous avons d’ailleurs mis en place un système de récompense afin de motiver nos clients fidèles : pour chaque ami qu’ils invitent à rejoindre Azimo, les deux parties reçoivent 10 € pour un transfert ultérieur.

Notre stratégie de développement est axée sur le ciblage de ces pays où l’industrie du transfert d’argent traditionnel est brisée. C’est la raison pour laquelle nous avons commencé en Europe et que nous cherchons aujourd’hui à nous développer en Asie.

Notre stratégie de développement est axée sur le ciblage des pays où l’industrie du transfert d’argent traditionnel est brisée

Le paiement mobile devient un axe de développement majeur en Afrique. Comment voyez-vous son influence dans les prochaines années et comment peut-il jouer un rôle majeur dans l’Afrique du futur ?

Plus de 70% de la population africaine possède un téléphone mobile et les paiements mobiles sont l’un des uniques moyens pour permettre aux africains d’accéder aux services financiers. Au Kenya, par exemple, Vodafone M-Pesa a été intégré à la plate-forme Azimo depuis plusieurs années maintenant. Aujourd’hui, 80% de nos opérations au Kenya passent par M-Pesa. Cela représente une avancée significative pour l’inclusion financière dans ce pays quand on sait que l’argent mobile représente désormais 60% du PIB du Kenya.

Au sujet du Brexit, quelle était votre position ? Quels sont vos principaux regrets suite au résultat du vote ? Le Brexit va-t-il impacter votre activité étant donné que vous êtes très implanté sur le marché européen ?

Nous sommes déçus que l’électorat britannique ait décidé de quitter l’Union Européenne. Chez Azimo, nous croyons profondément que le monde a besoin de moins, et non davantage, de frontières.

Comme nous cessons de le répéter, le Brexit représente un coup porté au secteur des services financiers de Londres : beaucoup d’entreprises dépendent tant de l’accès au marché de l’Union Européenne que de l’exportation de leurs services vers le reste de l’Europe. Il est donc probable qu’un certain nombre d’acteurs de la finance déplacent une partie, voire toutes, leurs opérations vers d’autres grandes villes européennes. Francfort, Amsterdam et Dublin étant les candidats les plus évidents.

En tant qu’entrepreneur, l’élément le plus difficile de ce débat a été l’incertitude qu’il a créée. Même maintenant que nous savons que la décision finale est de quitter l’Union Européenne, nous ne savons pas comment cela va évoluer au cours des prochains mois ou années. Nous ne sommes pas inquiets pour notre entreprise. Nous sommes dans une position unique en tant que start-up bien financée pour pouvoir répondre rapidement et facilement aux changements à venir sur le marché.

Même si la position de Londres comme capitale de la FinTech risque d’être bouleversée, la bonne nouvelle est que l’industrie FinTech prospère à travers toute l’Europe à l’heure actuelle. En ce qui nous concerne, nous continuerons à nous concentrer sur ce que nous savons faire le mieux : proposer un service de transferts d’argent efficace, rapide et à moindre coût afin d’aider nos clients et leurs proches à vivre une vie meilleure.

Suite au Brexit, la position de Londres comme capitale de la FinTech risque d’être bouleversée